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Devant la préfecture, les élus unis pour sauver les contrats PEC

Ecrit par B.S. sur place – le mercredi 2 avril 2025 à 10H56

Serge Hoareau, Huguette Bello, Ericka Bareigts et de nombreux maires et élus de La Réunion se mobilisent ce mercredi matin devant la préfecture pour dénoncer la nouvelle baisse des financements des contrats aidés PEC. Les élus alertent sur les conséquences sociales et économiques d’un tel désengagement de l’État.

"Je m’adresse aujourd’hui à vous avec un profond tracas, une profonde inquiétude", a lancé à l'Etat, notamment au ministre des Outre-mer Manuel Valls, Huguette Bello ce mercredi matin devant la préfecture. La présidente de Région a ouvert la mobilisation des élus en dénonçant une "décision de l’État qui met en péril un dispositif fondamental pour notre île". En ligne de mire : la baisse du taux de prise en charge par l’État des contrats Parcours emploi compétences (PEC), une mesure jugée dramatique par la cheffe de l’exécutif régional. "Nous vivons une situation dramatique", a-t-elle martelé, rappelant l’importance de ces emplois pour le tissu associatif et les missions d’intérêt général.

A l'initiative du mouvement, l'Association des maires du département de La Réunion (AMDR) qui a appelé à la mobilisation des élus devant la préfecture en ce mercredi pour défendre le financement des PEC. Son président Serge Hoareau a bien évidemment pris la parole :

"Il est important que l’ensemble de la classe politique réunionnaise se montre solidaire avec les personnes en contrat PEC. Je suis très heureux de voir que de nombreux élus vous accompagnent dans ce mouvement. Nous sommes à vos côtés, car nous n’acceptons pas l’affront de l’État. Nous n’acceptons pas que l’État remette en cause les PEC."

"On veut nous mettre à terre ? Nous faire ramper ?"

À ses côtés, la maire de Saint-Denis, Ericka Bareigts, a pris la parole dans un registre plus offensif : "Moins de PEC. On vient de couper la mission locale, on vient de couper l’hôpital et la santé ! On veut nous mettre à terre ? Nous faire ramper ? Mais nous le ferons pas. Nous restons debout pour la dignité." Dans la foule, des élus de tous bords venus des quatre coins de l’île, mobilisés à l’appel de l’Association des maires de La Réunion présidée par Serge Hoareau.

Patrick Lebreton, maire de Saint-Joseph et vice-président de la Région, a pris également la parole :

"Quand un malheur frappe un élu, tous doivent se sentir concernés et mobilisés. On l’a démontré : on a mis de côté nos drapeaux politiques quand il s’agissait de défendre la dignité humaine. Mais je reprends aussi mon drapeau politique, que je n’ai jamais mis dans ma poche.
C’est important de rappeler les chiffres : le dernier président de gauche, François Hollande, avait accordé 19.000 PEC. Aujourd’hui, il n’en reste que 7.000. Et on applaudit ? Voilà la réalité."

Le maire de Saint-Paul et président du TO Emmanuel Séraphin :

"Il ne faut pas baisser la tête. Ce que vous faites, c’est un travail difficile : nettoyer les ravines, entretenir les espaces verts, s’occuper des marmailles, faire vivre les associations d’éducation populaire. Tout ce monde-là est essentiel dans notre société. Quand l’État touche à ça, il touche à tous les Réunionnais."

Depuis plusieurs mois, les collectivités locales s’alarment d’un désengagement progressif de l’État sur les contrats PEC. En décembre dernier, la participation de l’État a déjà été abaissée, passant de 60% à 53%. Un nouvel arrêté préfectoral en date du 24 mars acte une nouvelle baisse à 43,5% pour deux catégories de bénéficiaires. Seuls les contrats relevant du RSA (60%) et de la lutte anti-vectorielle (65%) échappent à cette ponction.

PEC

Pour la Région, ce "recul fragilise les employeurs locaux, notamment les associations", et met en péril des "missions vitales pour La Réunion". La majorité régionale dénonce une mesure prise "sans concertation préalable", qualifiée même de "décision scélérate" dans un communiqué cosigné avec plusieurs maires.

Autre motif d’inquiétude : le nombre de contrats PEC alloués à La Réunion pour 2025 reste à ce jour inconnu. Une incertitude qui fait craindre de nouvelles coupes. Les élus rappellent que les PEC, et notamment les Emplois verts, ont joué un rôle crucial après le passage du cyclone Garance, en assurant le déblaiement et la sécurisation des espaces publics.

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