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Congrès du Parti Socialiste : La Réunion sous étroite surveillance de Paris

Ecrit par G.D. – le jeudi 29 mai 2025 à 11H38

Dans un article publié le 28 mai 2025, Le Monde revient sur les tensions et les particularités entourant le scrutin interne du Parti socialiste à La Réunion. La Fédération réunionnaise, l’une des plus importantes de France, a été scrutée de près par la direction nationale lors de l’élection du texte d’orientation pour le prochain congrès du PS. Un processus marqué par des exclusions d’adhérents, des accusations de méfiance ciblée, et la présence inhabituelle d’observateurs envoyés par Paris.

À l’occasion du congrès du Parti socialiste, les militants étaient appelés à voter mardi 27 mai pour départager les textes d’orientation soutenant Olivier Faure, Boris Vallaud ou Nicolas Mayer-Rossignol. Mais à La Réunion, la fédération locale a dû composer avec des règles nationales strictes, des adhésions contestées et une méfiance persistante entre Paris et les instances locales. C’est ce que révèle Le Monde dans un article publié mercredi 28 mai 2025.

Lire aussi : Congrès du PS : Olivier Faure et Nicolas Mayer-Rossignol au second tour, Boris Vallaud éliminé

Parmi les 954 adhérents revendiqués dans l’île – l’une des fédérations les plus importantes de France – seuls 580 ont pu participer au scrutin. En cause : une interprétation stricte des règlements internes par le bureau national du PS, qui limite à 10 % les cotisations réglées en espèces. Un seuil difficilement applicable selon les responsables locaux, qui pointent les réalités sociales spécifiques à La Réunion. « Beaucoup de camarades n’ont pas de chéquier », déplore Christopher Dijoux, secrétaire de section à Saint-Denis, interrogé par Le Monde.

Des soupçons qui perdurent

L’émergence de ces tensions n’est pas nouvelle. Depuis l’élection d’Ericka Bareigts à la tête de la fédération réunionnaise en 2023, plus de 200 nouvelles adhésions ont été enregistrées. De quoi nourrir les soupçons de clientélisme, certains pointant un lien entre ces recrutements massifs et des réseaux municipaux, bien que rien ne permette de le prouver.

Ancienne ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts s’était positionnée en faveur de Nicolas Mayer-Rossignol lors du congrès de 2023. Mais cette fois, elle soutient Olivier Faure, un revirement justifié selon la sénatrice Audrey Bélim par « un recentrage politique du premier secrétaire sortant » et une rupture assumée avec La France insoumise.

Des observateurs envoyés depuis Paris

Pour encadrer le vote réunionnais, trois observateurs ont été dépêchés sur place par le camp Mayer-Rossignol. Officiellement, il s’agissait d’un simple contrôle de procédure, dans un esprit de transparence. « Il faut s’assurer que la démocratie interne se passe le mieux possible », explique au Monde Laurent de Launay, l’un de ces scrutateurs.

Mais certains élus locaux ne cachent pas leur irritation face à cette surveillance renforcée. Philippe Naillet, député socialiste de La Réunion et soutien d’Olivier Faure, y voit une différence de traitement selon les affiliations : « Quand on soutient Mayer-Rossignol, il n’existe aucune suspicion. Quand on ne le soutient plus, c’est suspicieux. »

La fédération de La Réunion, forte en adhérents, mais régulièrement contestée, se retrouve une nouvelle fois au centre des crispations internes du Parti socialiste. Si les militants ont finalement pu voter – pour certains in extremis grâce à la mise en ligne tardive du paiement par carte – le climat reste tendu. Et cette séquence pourrait laisser des traces, au moment où le PS cherche à clarifier sa ligne et à reconstruire son unité nationale.

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