Conflit EDF : "Ils veulent la guerre, ils l'auront"

"C'est une opération de communication menée par la direction pour désamorcer la situation de crise à la Réunion, explique Patrick Hoarau. Il est hors de question de cesser le préavis de grève tant que l'article 14-6 de la Pers.684 n'est pas complètement remis à plat", souligne-t-il en colère. Les agents grévistes d'EDF demandent toujours à ce que la majoration de traitement de salaire soit portée à 53,8%, comme prévu dans l'art.14-6, et non 25% comme aujourd'hui.
Cette majoration se décompose de la manière suivante : une majoration de traitement de 25%, une majoration temporaire de traitement de 15% et l'indice de correction égal à 13,8% pour un montant total de 53,8%.
60 à 80% en moyenne de différence salariale entre un agent DOM et métropolitain
"On ne demande que l'application du protocole d'accord mis en place au 1er février 1972 et signé par le gouvernement, les syndicats et l'Etat", répète Patrick Hoarau, secrétaire de la CGTR Energie. Pour cela, la CRGT s'appuie sur plusieurs documents récupérés aux archives et des correspondances entre la direction d'EDF, le gouvernement et les syndicats "allant de 1947 à 1972 et permettant d'établir clairement que le protocole n'est pas appliqué pour les agents EDF des DOM contrairement aux agents métropolitains venant dans les DOM. C'est écrit noir sur blanc".
L'autre problème, la disparité entre agents de la Réunion et de métropole de même échelon, "oscillant entre 60 et 80%. Pour les créoles des DOM, il faut que nous allions devant le conseil d'État pour se faire entendre alors que dans l'autre sens il n'y a pas de problème. C'est de la discrimination", lâche Patrick Hoarau.
A titre d'exemple, un agent de maîtrise à EDF gagne "au bout de 30 ans de carrière 2.800 euros net par mois. Oui, nous avons de bons salaires comparés au 52% de Réunionnais vivant avec moins de 900 euros/mois. Mais comparez le avec le salaire de cadre ou agent métropolitain à la Réunion et vous verrez". Le conflit à EDF semble dans l'impasse, la tension est de plus en plus forte entre les grévistes et une direction "sourde" à leur revendication "légitime", souligne Patrick Hoarau.
Ne pas pénaliser les Réunionnais
Une Assemblée générale doit se tenir jeudi ou vendredi. En attendant, les préavis de grève sont maintenus à EDF et à la Séchilienne, où les agents sont dans la même attente, "on va tout droit vers de nouveaux blocages, on ne mesure pas où cela peut aller. Nous sommes à un point de non-retour et elle (ndlr : la direction) en connait la raison", prévient-il.
Même si les grévistes ne veulent pas "pénaliser les Réunionnais" depuis le début du conflit, la tendance semble aller de plus en plus vers de possibles délestages d'électricité qui pourraient intervenir dès le week-end prochain. "Des délestages ciblés vers les quartiers populaires ou dans les hauts de la Réunion et non-tournants comme on pourrait le penser. Tout ça pour retourner une partie de la population contre nous". Le discours semble rompu entre direction et grévistes, la tension, quant à elle, est à son maximum.



