Condamné à 9 mois ferme pour l'agression sexuelle présumée de sa belle-fille mineure, un avocat dionysien fait appel

La fillette avait 8 ans lorsque les faits dénoncés ont commencé, en 1995. Cette année-là, le mis en cause venait de se mettre en couple avec la mère de la victime. Les premiers gestes incestueux se seraient produits à la faveur d'un massage et se seraient répétés régulièrement sur le tapis du salon ou dans la piscine du domicile familial. La fillette aurait également été prise en photo de façon suggestive, mais par peur des représailles, elle ne se serait jamais confiée à sa mère.
Âgée de 24 ans en 2011, elle avait dénoncé les faits. Elle avait également écrit à son agresseur pour lui exprimer sa douleur et aurait obtenu une réponse. Le couple s'était séparé suite à ces révélations.
Au cours de l'information judiciaire ouverte en 2018, le mis en cause a toujours nié les faits comme lors des confrontations avec son accusatrice. Pour la robe noire du barreau de Saint-Denis, il s'agirait d'une vengeance par jalousie orchestrée par son ancienne compagne
A la barre, l'avocat de 70 ans a dénoncé "une construction mentale" de son ancienne épouse et de sa belle-fille. Interrogée à son tour, cette dernière avait indiqué n’avoir "aucun esprit de vengeance". Pour les intérêts de la partie civile, le bâtonnier George André-Hoarau a fustigé la toute puissance du prévenu, un brillant pénaliste, un homme politique connu, qui "a su ne pas aller trop loin pour ne pas laisser de traces".
La peine de 2 ans de prison avec un mandat de dépôt à effet différé avait été requise par le ministère public qui a souligné la constance et la cohérence des déclarations de la victime. "L’orchestration d’une vengeance" dans un dossier vide de preuves "pour régler des comptes" pour le ténor du barreau parisien, Me Yassine Bouzrou, qui a plaidé la relaxe et fait appel de la condamnation de son client à 18 mois de prison dont 9 avec sursis.


