Comportement violent répété : la clémence puis l'incarcération

Un jeune homme comparaissait devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis pour une série de faits de violences. Déjà condamné en mars dernier à du sursis probatoire, il n'a visiblement pas saisi la première de ses obligations : ne pas commettre de nouveaux faits sous peine d'une sanction plus lourde. Il est jugé cette fois dans le cadre d'une comparution immédiate, risquant de finir en détention.
Les premiers faits remontent au 26 mars dernier, quand Maansoufi H., passablement alcoolisé, décide de renter au casino de Saint-Denis avec deux cannettes de bière à la main. Il veut forcer l'entrée, mais bien entendu, l'agent de sécurité l'en empêche. S'ensuit une altercation qui nécessitera l'intervention de la police. Entre échange de coups et jets de galets sur la façade de l'établissement, l'agent ressort blessé avec une ITT de 4 jours. L'agresseur est interpellé et contrôlé à un taux de 1,9 g/l d'alcool dans le sang. Il s'en sort avec une peine de prison entièrement assortie d'un sursis probatoire.
Cette fois encore, le ton monte et une altercation musclée éclate
Les seconds faits remontent au 19 mai dernier. Maansoufi H. est dans le bus et décide de descendre à l'arrêt Saint-Jacques. Il y trouve les contrôleurs qui lui demandent son titre de transport. Ne pouvant justifier d'un titre valable, il explique qu'il doit se rendre à un rendez-vous important à la Caf et tente de partir. Les contrôleurs l'en empêchent pour le verbaliser. Cette fois encore, le ton monte et une altercation musclée éclate. Il porte un coup de poing à un agent et tord le bras d'un autre. Il leur est décerné 4 et 5 jours d'ITT.
Le scénario se répète et il finit en garde à vue. Le parquet décide cette fois de le déférer et de le juger en comparution immédiate. À la barre, il reconnait une partie des faits, mais évoque un contexte différent. Selon lui, "les agents ont profité de la situation pour ne pas travailler et obtenir une ITT", alors que lui, "essaye de se tenir à carreau". Il se fait recadrer illico par la présidente qui lui rappelle que c'est la deuxième procédure à son encontre en moins de deux mois. Pour ne rien arranger, la procédure note qu'il a été interpellé en possession d'un poing américain. "C'est juste au cas où", justifie-t-il.
"Toute la société est contre lui, c'est nous qui devons lui rendre des comptes"
La partie civile dénonce les faits de violences, expliquant que "l'agent ne faisait que son travail quand le prévenu à décider de faire ce qu'il voulait".
"Toute la société est contre lui, c'est nous qui devons lui rendre des comptes", rebondit et fustige la procureure de la République. La magistrate note que "les faits sont reconnus malgré des divergences sur le contexte" et requiert une peine de 18 mois de prison assortis d'un mandat de dépôt ainsi que la révocation du sursis en cours d'une durée de 5 mois.
"C'est vrai qu'il reconnait les faits, mais il les situe dans un contexte différent", répond la défense. La robe noire insiste sur "les difficultés d'insertion" de son client qui "vit dans la rue et est en proie à des difficultés réelles". L'avocat plaide pour une peine moins sévère assortie d'un sursis probatoire afin qu'il puisse bénéficier d'un suivi.
Après délibération, le tribunal note la réitération des faits dans un temps court et suit les réquisitions du parquet. Le prévenu est incarcéré pour une durée totale de 23 mois.


