[Communiqué] Jean-Hugues Ratenon : "Il est temps de cesser de se courber devant Paris"

Dans un communiqué, le député Jean-Hugues Ratenon justifie son boycott de la visite présidentielle à La Réunion, dénonçant une "mascarade" sans engagements concrets pour la population. Il fustige également les réactions enthousiastes du président de la CIREST, qu’il juge déconnectées des réalités du terrain, notamment sur le dossier explosif de la SPL Estival.
Le communiqué :
Alors que la visite du Président de la République à La Réunion a suscité une vive frustration, tant chez les élus que dans la population, je ne regrette aucunement d’avoir choisi de boycotter cette mascarade présidentielle. Ce boycott est un acte politique fort : il est temps de cesser de se courber devant Paris. C’est aussi un acte de fidélité aux objectifs que nous voulons atteindre, à savoir l’intérêt général.
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Dans ce contexte, il est surprenant de constater que, sur ma circonscription, un seul élu semble s’en satisfaire, et pas des moindres, c’est le Président de la CIREST. Seul dans son enthousiasme, il se félicite d’une annonce vague, sans calendrier, sans moyens identifiés, et sans engagements concrets.
Le Président de la République a, semble-t-il, évoqué l’extension du dispositif ZFANG (Zones Franches d’Activité Nouvelle Génération). Si le principe peut paraître encourageant sur le papier, la réalité risque de déchanter plus d’un. Les Réunionnais n’attendent plus des promesses, mais des actes. Après huit années de mandat, Emmanuel Macron a beaucoup promis, mais peu agi. Beaucoup de caméras, très peu de résultats.
Dans le même temps, ce même président de l’intercommunalité CIREST se déclare également satisfait d’une décision de justice concernant l’affaire de la SPL Estival, pourtant lourde de conséquences. Cela ne m’étonne pas, nous sommes bien dans l’ère de la macronie. Semblant d’un pas devant pour plusieurs pas en arrière.
- 29 licenciements confirmés. Qui peut se satisfaire ?
- Baisse de salaire pour grand nombre de salariés restants. Qui peut se satisfaire ?
- Et, plus grave encore, l’utilisation de l’argent des contribuables pour couvrir des dérives financières pointées par la Chambre régionale des comptes. Qui peut se satisfaire ?
Le Président de la CIREST peut se satisfaire. Mais pas moi, député de la circonscription de l’Est.
En effet, comment peut-on se réjouir de telles décisions, quand elles frappent directement des familles, des agents, et entachent la confiance dans nos institutions locales ?
Annoncer la création d’emplois à travers une zone franche vague et le lendemain se satisfaire de la suppression d’emplois concrète est un acte politique d’une gravité sans précédent sur ma circonscription.
Ce n’est pas l’idée que je me fais de la politique…
Jean Hugues RATENON
Député de La Réunion


