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Commerçants des plages : « St-Gilles n’intéresse pas Mme Bello »

Le bilan de la table ronde "menace requin" a vite été plié lundi soir du côté des commerçants de Boucan Canot et des Roches noires. Au milieu du satisfecit ambiant du côté des institutionnels, le chiffre d'affaires parle de lui-même pour les pro' de la plage. Au point pour certains d'en venir à douter de l'implication de la municipalité sur le sort des commerçants de bord de mer.

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 27 juillet 2011 à 12H19

 

"Nous n »avons pas été invités mais nous avons été évités". C’est par un jeu de mots finalement assez dur que le gérant du snack bar le Boucanier, Fred Marchica, formulerait sa venue, bon gré mal gré, en salle de conseil municipal lundi dernier. Alors que des invitations avaient été lancées auprès des principaux acteurs de la mer, certains se sont sentis écartés de l’objet de la réunion sur le risque requin.

Pourtant, les portes de la mairie étaient bien ouvertes à toutes les bonnes volontés. Les commerçants sont en première ligne des levées de flamme rouge, ou pire pour eux désormais : les arrêtés municipaux.

Le principal point d »interrogation que n’a pas réussi à lever la table ronde de lundi concerne la planification des esquisses entrevues lundi. Pour Jean-Charles Bray, gérant d’un magasin d’accastillage aux Roches, "les conclusions des études ne seront pas attendues avant plusieurs années". Une manière de noyer le poisson avant que de réelles décisions soient prises.

Les DCP ont mauvaise réputation

A deux pas de là, pour Will, qui fait partie de l’équipe du club de plongée "O sea bleu", les fameux dispositifs de concentration de poissons (DCP) sont à revoir. Pourtant, cette activité nautique, combinaison et bouteille d’oxygène sur le dos, n’a jamais subi d’attaques de requin. "Ça n’est jamais arrivé pour un plongeur de se faire attaquer sauf à Madagascar où j’avais entendu parler d’une attaque mais les requins avaient été excités par de la viande donc ça ne compte pas vraiment". Malgré les risques minimes en plongée, la peur des éventuels clients gagne toutes les activités nautiques. Raison pour laquelle deux employés du club, dont le gérant, se sont rendus à cette table ronde.  

 

"L’intérêt d’une telle réunion ne se discute pas mais toujours est-il que la problématique des commerçants n’a pas assez été abordée. Pour mon cas, je n’ai pas renouvelé le contrat saisonnier d’un employé et j’ai des commerçants voisins qui ont dû remercier deux employés", évoque Fred Marchica, bien placé à Boucan.

Lundi, le commerçant a pu intervenir brièvement. "Je n’ai pu me libérer du travail qu’assez tard, la réunion était bien avancée", reconnaît-il. Mais promis, la pression vis-à-vis des institutionnels va monter crescendo.

Chiffre d’affaires comme la flamme… rouge

Il prévoit d’adresser dans les jours qui viennent le chiffre d’affaires de son activité sur les derniers mois, histoire de finir par convaincre la Chambre de commerce et d’industrie également partie prenante du dispositif. Si l’étalement des dettes est une piste évoquée par la CCIR, la quotidienneté des professionnels reste implacable.

"Il y a eu l’épisode du mauvais temps mais on ne peut rien y faire, puis les arrêtés municipaux interdisant baignade et activités nautiques, nous avons dû réaliser moins 50 à 60% de chiffre d’affaires". Il tente de porter le débat ailleurs. "Nous ne sommes pas là pour faire la guerre à la mairie mais je pense que Boucan et de façon générale Saint-Gilles n’intéresse pas madame Bello". A ses yeux, seul Christophe Pomez (élu en charge de la zone balnéaire, ndlr) "semble s’être intéressé à notre sort. C’était pour le projet de piétonisation de Boucan", ajoute-t-il.

Huguette Bello de son côté a été ferme lundi dernier: "Je ferai toujours passer la question de la sécurité avant celle des commerces". Une manière de justifier les arrêtés municipaux pris ces dernières semaines.

"C’est un autre chikungunya pour le tourisme"

Pour contrer la spirale de la psychose requin sur la côte Ouest, le commerçant aimerait y voir développer des animations pour changer l’image des plages de Saint-Paul. "Aujourd’hui encore, j’ai un couple de touristes métropolitains qui m’a dit qu’il préférait aller faire trempette à l’Ermitage à cause du risque ici. Ils l’ont dit en rigolant mais c’est aussi ce que font les Réunionnais. L’image de la Réunion est aussi en train de changer et ça les politiques ne semblent pas en prendre conscience. C’est un autre chikungunya pour le tourisme".

Entre confidences, le commerçant précise qu’une réunion exceptionnelle se tiendra le 7 septembre, et sous l’égide d’une banque de la place. Il paraît que le phénomène des fins de mois difficiles pour les commerçants du coin soit assez généralisé et préoccupant pour qu’une telle initiative soit prise. "Nous sommes en train de tirer la sonnette d »alarme", conclut Fred Marchica. Septembre s’annonce chargé.

 

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