Cohabitation présidentielle difficile à Madagascar

Sans surprise, le Conseil présidentiel de la Grande île, à savoir le président de la Transition Andry Rajoelina, assisté des co-présidents Emmanuel Rakotovahiny, représentant de la mouvance de l'ex-président Albert Zafy, et son homologue Fetison Rakoto, parvient difficilement à collaborer à la mise en place des institutions de la IV République en vue d'une élection présidentielle avant fin 2010.
L'un des co-présidents, Emmanuel Rakotovahiny, plutôt discret jusqu'ici, a demandé à ce que le Conseil présidentiel se réunisse afin de calmer les tensions entre le président Andry Rajoelina et le co-président Fetison Rakoto. Ils semblent s'être engagés dans une lutte d'influence. Le rendez-vous manqué pour les membres du Conseil présidentiel au Sommet de la FAO-Rome (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture du 16 au 18 novembre 2009) illustre les difficultés pour ces derniers à se mettre d'accord. La Grande île est tout de même représentée à ce rendez-vous important par le ministre de l’Agriculture, Jaonina Mamitiana Juscelyno (second gouvernement Monja Roindefo).
La vie politique sur Madagascar ne trouvera pas sa vitesse de croisière tant que le Conseil présidentiel se titillera sur ce qui peut apparaître comme des détails à côté de ce qui lui reste à faire : appliquer les accords d'Addis Abéba et de Maputo afin que ce pays, qui se veut démocratique, puisse retrouver une stabilité et prétendre à un président de la République reconnu par tous d'ici décembre 2010.
En attendant, l'instabilité actuelle creuse l'économie et les richesses du pays, qui connaît un pillage de ses ressources naturelles telles que l'exportation illégale du bois de rose, la vente illicite des lemuriens, repas très apprécié pour sa chair, et récemment un soupçon de blanchiment d'argent soulevé par le SAMIFLIN, le service de renseignement financier (SRF).


