Cirest : les maires des "petites" villes se rencontrent et veulent se faire entendre

Les urnes à peine rangées du côté de Saint-André, les téléphones ont commencé à chauffer entre les maires réélus de l’Est pour évoquer la présidence de la Cirest. Une gouvernance revendiquée par Saint-André, après la victoire de Joé Bédier, mais qui devra tenir compte des petites communes dont les maires se sont réunis en fin de journée pour valider un positionnement commun avec l'objectif d'être demain davantage associés, dans le cadre d'une gouvernance "apaisée" et pourquoi pas partagée.
Entre les Virapoullé et Patrice Selly, rien ne va plus. Interrogé dimanche soir après la validation des scores, Jean-Marie Virapoullé confirmait le dépôt à venir d’un recours en annulation contre l’élection à Saint-André et chargeait dans le même temps le président de la Cirest, accusé d’avoir soutenu Joé Bédier dans les derniers jours précédant le second tour.
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« Quelqu’un qui traitait Joé Bédier de vice-président fictif et de tous les noms d’oiseaux et qui, tout d’un coup, devient un soutien actif de dernière minute », a fustigé le colistier de Laurent Virapoullé. Dans l’équipe de ce dernier, on évoque un « accord » qui aurait été scellé entre Joé Bédier et l’homme fort de Saint-Benoît avec la présidence de la Cirest en ligne de mire…
Faux, nous affirme-t-on du côté du maire réélu de Saint-André. Ce serait même le contraire : « Selly à la Cirest, on a donné », tacle un proche de Joé Bédier, estimant que Saint-André et l’Est en général « ont perdu six ans ».
Saint-André se dit "légitime" à double titre
Pour notre interlocuteur, l’équation est simple : « La présidence de la Cirest est un cheval de bataille pour Saint-André ». Durant la campagne, Joé Bédier en a d’ailleurs fait un objectif majeur.
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La commune se présente comme doublement légitime à endosser la présidence, mettant en avant ses 17 sièges au sein du conseil, auxquels s’ajoute celui de Jean-Hugues Ratenon, sur un total de 48 (majorité à 25). « À elle seule, Saint-André pèse 45 % des voix », argumente notre interlocuteur.
Il rappelle que Saint-André aurait aussi dû récupérer le siège de président il y a trois ans, à la suite d’un accord non respecté ensuite par le maire de Saint-Benoît, suivi par les autres communes.
Reste que seule, Saint-André, malgré son poids, ne peut atteindre la majorité et devra composer avec les autres maires, au passage tous réélus dans l’Est.
Pour rappel, la majorité de Patrice Selly pèse 14 sièges (sur 15), Bras-Panon 5 (sur 5), Sainte-Rose, Salazie et La Plaine-des-Palmistes deux sièges chacune. Fraîchement élu dans l’opposition à Saint-André, Laurent Virapoullé bénéficie de 5 sièges.

Les “petites” communes veulent peser
Dans ce concert, une voix veut se faire davantage entendre, celle des « petites » communes. Après une mandature « marquée par les crises et une guerre larvée entre les deux grandes communes », un élu d’une de ces communes appelle à un « apaisement » dans les relations entre les collectivités sur les bases d’une « gouvernance apaisée et d’une feuille de route commune profitable à l’ensemble des communes ». Une gouvernance dans laquelle « les petites communes doivent avoir toute leur place ».
Pour tracer ensemble cette feuille de route, les maires de Bras-Panon, Salazie, de La Plaine-des-Palmistes et de Sainte-Rose se sont retrouvées selon nos informations en fin de journée ce lundi dans un endroit maintenu secret. À la sortie, un accord en vue pour parler d’une seule voix et définir un "projet de territoire". Autre point commun, la volonté d'une alternance après six ans de présidence assurée par Saint-Benoît.
"Laisser la guéguerre dans les conseils municipaux"
Une question de la présidence qui n'aurait pas été abordée pour l'heure, dans l'attente de rencontres à venir avec les deux plus grandes communes de l'Est. « L’objectif, c’est de laisser la guéguerre politique dans les conseils municipaux et de faire avancer le territoire», met en avant notre élu.
Et si la présidence revenait à une petite commune ? Certains rappellent que la première présidence de la Communauté des communes de l’Est, ancêtre de la Cirest à la fin des années 90, avait été assurée par le maire de Bras-Panon de l’époque, Jean-Marie Foudrin. Depuis, Saint-André et Saint-Benoît ont occupé la présidence à tour de rôle.
Un cas de figure qui impliquerait un soutien de la majorité de Saint-Benoît pour s'imposer face à celle de Saint-André. Un scénario qui relancerait "une guerre intestine, Saint-André ne peut une nouvelle fois être mis à part", prévient notre interlocuteur Saint-Andréen.

Vers une gouvernance partagée ?
La solution pourrait prendre la forme d'une gouvernance partagée, par exemple sur la base d’une présidence assurée trois ans par une petite commune. Un cas de figure pas écarté par l'élu saint-andréen, sur la base d’un contrat de gouvernance « clair où chacun aura de réelles vice-présidences et la possibilité de défendre ses projets ».
À Saint-Benoît, on se dit dans l’attente de l’avancée des tractations, conscient que la cité des eaux vives pourrait jouer le rôle d'arbitre, en espérant, pourquoi pas, profiter d’un trou de souris pour conserver la main sur la stratégique Cirest.


