CINOR: Pas de présidence tournante, mais une "gouvernance partagée" propose Gérald Maillot

Jour de conseil communautaire ce jeudi à la CINOR. À cette occasion et face aux multiples suspensions de séances, le président de l’intercommunalité du Beau Pays, Gérald Maillot, s’explique sur les raisons qui le poussent à poursuivre jusqu’en 2020 en faisant fi de l’accord tacite de présidence tournante entre les communes de Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne. S’il se dit totalement opposé à ce principe, il se dit en revanche ouvert à une "gouvernance partagée" avec Jean-Louis Lagourgue et Maurice Gironcel.
Un courrier a été envoyé la semaine dernière par l'intéressé à l’attention de ses deux vice-présidents, dans lequel il explique les raisons qui l’ont conduit à remettre en cause le principe de présidence tournante, actée au sein de la CINOR depuis sa création. Parmi elles : les dotations de l’État "en baisse" et la Loi NOTRE.
Pour faire face à ces difficultés, le président de la CINOR rappelle dans sa lettre qu’un projet de territoire "ambitieux" a été lancé, afin de contribuer "à affirmer une ligne politique, exigeant que nos services se mettent en ordre de marche pour que nos ambitions se concrétisent".
Pour assurer la bonne marche de l’intercommunalité du Nord, Gérald Maillot a fait à Maurice Gironcel et Jean-Louis Lagourgue trois propositions :
Pour Gérald Maillot, il est inconcevable de "revenir à l’ancien système", qui devenait "inefficace" face aux enjeux futurs de la CINOR. "Les gens d’aujourd’hui ne sont plus ceux d’il y a 20 ans", lance-t-il. "Regardez aujourd’hui comment fonctionnent les autres intercommunalités ou régions de France et posez la question à leurs présidents ce qu’ils pensent de cette présidence tournante… Avant, avec le principe de présidence tournante, on se mettait d’accord sur tel ou tel pour les faire valider, et on faisait tourner. Là, il y a un projet de territoire, avec un réel développement économique par l’Est. Ce que je leur propose (à Jean-Louis Lagourgue et Maurice Gironcel, ndlr) c’est que demain, leurs choix puissent désigner les vice-présidents qui travailleraient avec moi à la CINOR en partageant les délégations."
Comme le rappelle Gérald Maillot, jusqu’à aujourd’hui à la CINOR, "c’est le président qui signe tous les dossiers". "Je veux partager cette responsabilité, cela a toujours été dans mon intention. Je suis totalement ouvert à des propositions sur les délégations", assure-t-il.
"Les dossiers avancent, sinon le Préfet serait déjà intervenu"
"Dans les commissions qui sont discutées, il y a des vice-présidents et des élus de tout niveau. Seulement arrive aussi la décision finale. Le simple fait de dire qu’on instruit un dossier ou pas en commission c’est une décision qui doit être prise par moi avec les vice-présidents", ajoute Gérald Maillot.
Et si les propositions qu’il a formulées aux maires de Sainte-Marie et de Sainte-Suzanne ne sont pas retenues par ces derniers, "on fera comme lors des derniers mois, à savoir que je demanderais à instruire les dossiers qui viennent de Sainte-Marie, de Sainte-Suzanne et de Saint-Denis en commission où les décisions seront prises".
"Moi quand je dis ça, je pense surtout à la population qui vit sur le territoire de la CINOR. Il ne s’agit pas de savoir qui est le président ou pas, il s’agit d’avoir des élus autour de la table qui puissent prendre ensemble des décisions. En cas de refus de leur part, je continuerais à travailler avec les élus qui veulent en faire de même avec moi. Je ne leur demande pas mariage d’amour, mais de raison", poursuit sereinement Gérald Maillot.
Sur les critiques formulées par Jean-Louis Lagourgue sur la mauvaise santé financière de la CINOR, Gérald Maillot reconnaît que de nombreuses collectivités ne se portent pas au mieux. En revanche, il assure que l'interco' a encore les reins solides : "Nous avons fait 13 millions d'euros d'économies sur le budget de fonctionnement. Sur toutes les recettes engrangées, 13 millions, que nous aurions pu laisser en épargne nette, sont partis directement à l'investissement. La machine tourne et avance", déclare le Dionysien, qui se félicite également que près de 96% de la commande publique de la CINOR, "soit plus de 41 millions d'euros", soit partie vers les TPE-PME.
Outre les finances de la collectivité, le président de la CINOR tient à rappeler que "des rapports importants sont adoptés à chaque conseil". "Nous n'avons pas connu de blocages importants concernant le projet de territoire ou encore le budget administratif, car nous avons des élus qui veulent travailler. Même si des conseils communautaires sont reportés d'une semaine, les dossiers avancent, sinon le Préfet serait déjà intervenu".


