Chroniques judiciaires : Trafic de zamal, violences et infractions routières à l'affiche

Cinq personnes, quatre hommes et une femme, comparaissaient pour des faits de trafic de stupéfiants - du zamal - en bande organisée. Comme le prévoit la loi, les avocats ont demandé un délai pour préparer la défense des prévenus dont seule la femme comparaissait libre, sous contrôle judiciaire. Une fois encore, un homme né à Maurice faisait partie du lot alors que les investigations mettent en évidence des contacts avec un commanditaire sur l'île sœur.
Ils ont chacun un rôle précis mais des degrés d'implication plus au moins importants qui justifient la prévention de trafic en bande organisée. À noter que trois autres personnes, moins impliquées, seront convoquées ultérieurement devant la justice. Sans surprise, le parquet a demandé que les quatre prévenus soient maintenus en détention provisoire dans l'attente de l'audience. Le tribunal a suivi ces réquisitions, l'audience aura lieu le 23 novembre prochain.
Violences sur conjoint en état d'ivresse et en récidive
Georges T., 39 ans, considère que sa compagne lui appartient. Comme il le lui dit : "Si tu as un enfant avec quelqu'un d'autre, je te tue, je le tue et je me tue après". Les bases sont posées par le président qui relate la tenue des textos reçus par la victime. Le 15 octobre dernier, lorsqu'ils sont dans un bar, ils se disputent. Le prévenu s'en prend si violemment à sa compagne qu'un témoin doit intervenir. Il sera remercié par monsieur à coup de matraque télescopique. Arrivée à la case, ça continue mais cette fois, il franchit un cap. Il la bloque sur le lit et lui assène un coup de poing si violent qu'il lui fracture le nez et l'arcade. En sang, la victime l'implore d'appeler les secours mais il ne fera rien.
Il va ensuite prendre un couteau et la supplie, tout en s'excusant, de lui porter un coup pour le punir du mal qui lui a fait. Bien entendu, elle refuse. Elle réussit à envoyer un texto à sa sœur qui prévient la police à 3h du matin. Il est interpellé avec un taux de 0,48 g/l d'alcool dans le sang. En revanche, sa compagne se voit prescrire une ITT de 10 jours. Comme elle l'explique, ce n'est pas la première fois qu'il la bat. Son casier fait montre de 8 mentions pour des violences et une agression sexuelle.
"Il est dangereux, elle a peur de lui. Elle le supplie d'appeler les secours mais il ne bouge pas", fustige la partie civile. "C'est une relation récente et son comportement laisse clairement apparaître qu'elle est sa propriété. 'Toi et moi, c'est jusqu'à la mort', lui dit-il. Elle a peur de lui", tance le parquet qui requiert une peine de 3 ans de prison. "Ce n'est ni plus ni moins qu'une relation toxique comme on a l'habitude d'en voir. ll y a beaucoup d'interprétations dans ce dossier. Il reconnait et regrette les faits", plaide la défense. Le prévenu est condamné à 3 ans de prison avec maintien en détention.
Conduite sans permis et sous stupéfiants
Un homme de 46 ans, au casier particulièrement étoffé (21 mentions), avait à répondre de faits de conduite sans permis et sous stupéfiants le 14 octobre dernier. Il est sorti de prison (où il était pour la même chose) et n'a plus son permis depuis 2012. Lors de ce contrôle routier, il est également positif à l'alcool mais le taux relevé de 0,25 mg/l est contraventionnel.
Malgré son passé de multirécidiviste, le parquet requiert une peine de 12 mois dont 6 avec sursis probatoire et ne s'oppose pas à un aménagement pour la partie ferme. "Je souscris aux réquisitions du parquet. Il faut l'aider. Il est SDF, l'aider, c'est aider la société", plaide la défense. Le tribunal tranche et suit les réquisitions de la procureure mais prononce un maintien en détention.


