Revenir à la rubrique : Société

Chasse au tangue : la préfecture corrige le tir

Blackboulée par le tribunal administratif en décembre et il y a une semaine, la préfecture corrige le tir dans le dossier de la chasse au tangue. Un projet d’arrêté préfectoral est désormais porté à la connaissance du public et enrichi d’une note d’information très détaillée.
Ecrit par Ludovic Grondin – le mercredi 21 février 2024 à 16H48
Assommée à deux reprises par le tribunal administratif, la DEAL (Direction de l'environnement de l'aménagement et du logement) apporte des corrections qui permettront sans doute cette fois-ci aux 900 chasseurs recensés d’aller débusquer du tangue en 2024.
Dans un projet d’arrêté porté à la connaissance du public ce 20 février, le service placé sous l’autorité de la préfecture tient compte des remarques évoquées par le juge administratif le 27 décembre 2023 et celles du juge des référés de ce même tribunal ce 12 février 2024 qui, respectivement, avait jugé illégale la chasse aux tangues de 2022 et jugé incomplet l’arrêté autorisant la campagne à venir de 2024.
Puisque la saison de chasse n’a pas pu s’ouvrir ce samedi 17 février comme prévu par l'arrêté de janvier dernier, la préfecture envisage désormais d’ouvrir la campagne 2024 le vendredi 15 mars jusqu'au lundi 15 avril.
Concentrée sur un seul mois, la période de chasse du prochain arrêté prévoit d’autoriser la chasse aux petits mustélidés tous les jours de la semaine, jours fériés inclus alors que dans la précédente période qui courait sur deux mois, de mi-février à mi-avril, la chasse n'était autorisée que trois jours dans la semaine. Cette nouvelle amplitude est une manière de compenser le mois de chasse perdu et de permettre aux chasseurs de rentabiliser le coût de la licence acquise auprès de l'ONF. Une licence qui va de 60 euros pour un lot ou d'un prix forfaitaire de 150 euros pour pouvoir chasser sur l'ensemble des lots ouverts sur des zones précises du Parc national.
S’étant fait taper sur les doigts à deux reprises, la préfecture apporte aussi désormais une note d’information détaillée dont le public peut prendre connaissance. Le juge des référés avait en effet estimé que "la Charte de l’environnement et le code de l’environnement font obligation à l’administration de mettre en mesure le public de participer à l’élaboration des décisions ayant une incidence sur l’environnement."

"Une sélectivité indiscutable"

Dans son projet d’arrêté, la préfecture motive désormais les objectifs de la chasse au Tenrec ecaudatus, plus communément appelé le "tangue" à La Réunion. Une chasse autorisée dans le but de « maintenir sous contrôle les populations de tangues » mais aussi de limiter les « possibles effets néfastes que cette espèce peut avoir sur la flore et la faune réellement incluse dans la biodiversité réunionnaise et sur la sécurité sanitaire de notre territoire."
Enfin, comme l’arrêté préfectoral avait été cassé du fait que le juge a considéré que la période février-avril correspond à un moment durant lequel "de nombreuses femelles sont encore en gestation et de nombreux juvéniles ne sont pas encore sevrés", les services de la préfecture informe que « les chasseurs n’ont pas pour habitude de prélever les femelles gestantes et/ou de juvéniles. Tout d’abord d’un point de vue éthique et parce que les juvéniles n’ont tout simplement aucun intérêt pour la consommation. En effet, la grande majorité des chasseurs repositionne la femelle dans le terrier avec ses petits lorsque ceux-ci ne sont pas encore sevrés ou lorsque la femelle est pleine. La sélectivité est donc indiscutable", ajoute même la DEAL qui espère désormais présenter un arrêté sans aucun angle d’attaque.
La consultation de ce projet d'arrêté est ouverte sur le site de la préfecture depuis ce mardi 20 février jusqu'au 11 mars 2024 inclus.
Etiquettes : Préfecture | Tangue

Dans la même rubrique

0💬
Tri :