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Cannes à terre : les planteurs font monter la pression

Ecrit par P.M. – le mardi 2 septembre 2025 à 11H04
William Orange estime à déjà près de 80 tonnes ses cannes à terre.

Les planteurs mettent la pression sur Téréos pour compenser les pertes et revoir le calendrier de livraisons.

Un peu plus de six voyages de cannes attendaient lundi matin dans le champ de William Orange à Saint-Benoît d’être livrées à la plateforme de Beaufonds. Des cannes coupées à la main en fin de semaine dernière et qui perdent depuis chaque jour un peu plus de valeur, en poids et en richesse.

« On prend toujours un peu d’avance, en sécurité, on ne sait pas ce qui peut arriver le lendemain, s’il y a une urgence, ou des quotas de livraison peuvent aussi se libérer », explique le président de la CMU de Beaufonds (UPNA). Une réponse aussi au manque de coupeurs.

Problème : au mieux ses cannes ne seront pas réceptionnées avant mercredi, date prévue de la reprise des réceptions par Téréos, ces dernières étant stoppées lundi et mardi en réponse au mouvement social qui touche l'ensemble du secteur de l'énergie, Albioma compris. L'usine de Bois-Rouge ne s’attend pas à avoir de nouveau de la vapeur avant, au mieux, le milieu de journée mercredi.

Des reports en vue

En conséquence, l’usine pourrait forcer mercredi les quotas pour tenter de rattraper un peu du retard accumulé lundi et mardi, mais va aussi se retrouver, faute de broyage dès le début de la matinée de mercredi, avec un report de cannes vers le lendemain.

Dans tous les cas, il y aura des pertes chez les planteurs qui devaient livrer en début de semaine, « alors que la campagne est déjà difficile pour nous ». Dans ses champs, le planteur bénédictin estime sa perte de rendement à environ 60 % par rapport à l’année dernière.

Le mouvement tombe doublement mal dans l’Est, alors que l’usine a connu la semaine dernière son meilleur tonnage avec environ 6.000 tonnes broyées par jour, environ 250 tonnes/heure. Les conditions climatiques sont aussi meilleures pour la richesse.

« L’usine nous prend en otage, oui, il y a la grève demain chez Albioma mais Téréos aurait pu prendre des cannes aujourd’hui », peste le planteur.

En réponse, l’usine met en avant un arrêt prévu dans la journée de la centrale, ce qui ne lui aurait pas permis de broyer toutes les cannes réceptionnées lundi.

La FDSEA prévoit  un huissier

« Mais ça c’est leur problème, c'est à l’usine de faire le nécessaire avec Albioma, c’est Téréos qui achète nos cannes, à chaque fois c’est nous qui perdons », rétorque le président de la FDSEA, Stéphane Sarnon.

Ce dernier prévoit de faire monter un huissier dans les champs pour « faire constater les pertes ». Il compte ensuite envoyer la facture à l’usinier. Qui lui renvoie la balle vers Albioma, qui met de son côté en avant les conséquences d’un mouvement syndical, national de surcroît…

Dans l’Est, les planteurs demandent de revoir le calendrier de réception : « Téréos doit prendre les cannes vendredi et samedi matin pour rattraper les deux jours perdus et éviter de commencer la semaine prochaine avec des cannes à terre », résume le président de la CMU de Beaufonds.

Une revendication partagée par son homologue de Bois-Rouge, Isidore Laravine (CGPER).

La menace d’une action

Dans le cas contraire, le planteur bénédictin promet une montée au créneau des planteurs en fin de semaine.

Pour rappel, conséquence du faible tonnage de cette année, l’usine de Bois-Rouge ne réceptionne les cannes que du lundi au jeudi durant cette campagne.

Ce mardi, un piquet de grève « symbolique » a débuté à 6 h devant la centrale thermique du Port, avec une remise en route attendue des chaudières d’Albioma dans la nuit de mardi à mercredi.


Etiquettes : Canne à sucre

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