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Budget de la Sécu : Sébastien Lecornu promet 100 millions d’euros de plus pour les Outre-mer avant un vote à haut risque

Ecrit par N.P. – le lundi 8 décembre 2025 à 19H10
(Photo : © Pierre Marchal - Anakao Press)

À la veille du scrutin sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, le Premier ministre Sébastien Lecornu tente de rallier les députés ultramarins en annonçant une enveloppe supplémentaire de 100 millions d’euros dédiée à la santé dans les territoires d’Outre-mer.

Dans un climat politique tendu, à la veille du vote décisif sur le budget de la Sécurité sociale, Sébastien Lecornu a dégainé une mesure ciblée pour séduire les élus ultramarins, rapporte France Info. Le chef du gouvernement a annoncé, ce lundi 8 décembre, le dépôt d’un amendement prévoyant une rallonge de 100 millions d’euros au Fonds d’intervention régional (FIR) dédié à la santé dans les Outre-mer. Cette enveloppe, présentée comme un levier pour “répondre aux inégalités de santé” entre l’Hexagone et les territoires ultramarins, serait fléchée vers le financement d’actions médicales concrètes, sous réserve de l’adoption du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).

Consolider une majorité fragile

Cette annonce intervient alors que le gouvernement cherche désespérément à consolider une majorité fragile à l’Assemblée nationale. Vendredi dernier, le volet recettes du texte avait été adopté de justesse, notamment grâce à des compromis et à l’absence de nombreux députés du Rassemblement national. Mais le vote sur la partie dépenses, prévu mardi, s’annonce bien plus incertain.

Pour tenter de rassembler, le Premier ministre peut compter sur le soutien des socialistes. Leur premier secrétaire, Olivier Faure, a confirmé lundi matin son appel à voter en faveur du texte, au nom du “compromis et de la cohérence”. “Nous étions contre ce budget au départ, mais il y a eu des avancées, notamment la suspension de la réforme des retraites. Le Premier ministre s’est montré fiable, à nous maintenant de l’être”, a-t-il expliqué sur BFMTV.

Du côté de la majorité présidentielle, Gabriel Attal a reconnu sur France Inter qu’il s’agissait d’un budget “imparfait”, mais fruit d’un “compromis nécessaire”. “Personne ne peut prétendre qu’un budget parfait existe dans la situation actuelle”, a-t-il ajouté, en appelant à clore rapidement le débat pour “avancer”.

En revanche, certains élus de droite affichent leur scepticisme. Michel Barnier, désormais député du groupe Droite républicaine, a annoncé son intention de s’abstenir lors du vote. “Ce n’est pas un bon accord. Il y a trop de taxes, trop de contraintes, trop d’impôts. Il ne faut pas en rajouter”, a-t-il tranché.

Entre équilibres politiques précaires et concessions budgétaires de dernière minute, le sort du PLFSS reste suspendu au vote de mardi. Pour Sébastien Lecornu, l’enjeu dépasse désormais le budget de la Sécu : il s’agit d’un véritable test de survie politique.

Lire aussi : Tension maximale à l’Assemblée avant le vote du budget de la Sécu

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