Revenir à la rubrique : National

Tension maximale à l’Assemblée avant le vote du budget de la Sécu

Ecrit par N.P. – le lundi 8 décembre 2025 à 11H40

À deux jours du vote final, le budget de la Sécurité sociale cristallise les tensions. La droite dénonce un « hold-up fiscal », le RN réclame la démission du Premier ministre, et les divisions s’approfondissent jusque dans la majorité.

À 48 heures d’un vote décisif sur le budget de la Sécurité sociale, l’atmosphère à l’Assemblée nationale vire à l’affrontement politique. Le texte, porté par le Premier ministre Sébastien Lecornu, apparaît de plus en plus fragile malgré les concessions arrachées aux socialistes. Pour Bruno Retailleau, président des Républicains, ce projet n’est rien d’autre qu’un « hold-up fiscal » et un « déni de réalité ». Il appelle son camp à s’opposer à un texte jugé « intenable », estimant que « jamais le pays n’a été autant à droite et jamais un gouvernement n’a été autant à gauche ».

Lire aussi : Budget de la Sécurité sociale : Retailleau fustige un texte « non votable »

Le bras de fer s’annonce périlleux pour l’exécutif. Vendredi, la première partie du projet de loi – consacrée aux recettes – a été adoptée de justesse, notamment grâce à des compromis sur la CSG et à l’abandon de la hausse des franchises médicales. Mais l’adoption de la seconde partie, centrée sur les dépenses et la suspension de la réforme des retraites, demeure des plus incertaines. L’ex-Premier ministre Édouard Philippe, désormais chef de file d’Horizons, a annoncé que son groupe ne voterait pas le texte « en l’état », accentuant la fracture au sein même de la majorité présidentielle.

« Il serait difficile pour le Premier ministre de ne pas démissionner »

Sébastien Lecornu est désormais pris en étau entre ses alliés et une opposition déterminée. Les concessions faites au Parti socialiste sont jugées excessives par plusieurs figures de la majorité, comme Marc Ferracci, ancien ministre et proche d’Emmanuel Macron, qui dénonce « un déni de réalité » sur la question des retraites. Dans le même temps, le Rassemblement national hausse le ton. Son député Jean-Philippe Tanguy prévient que ses élus seront « parfaitement nombreux et totalement présents » pour voter contre. Il ajoute que, si le texte est rejeté, « il serait difficile pour le Premier ministre de ne pas démissionner ».

Face à cette pression croissante, le gouvernement tente de maintenir le cap. La porte-parole du gouvernement estime qu’une démission de Sébastien Lecornu « n’aurait pas de sens », tandis que le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, alerte sur les conséquences d’un rejet du budget : « Ce serait une crise politique, économique et sociale majeure ». Selon les projections du gouvernement, le déficit de la Sécurité sociale pourrait atteindre 30 milliards d’euros en 2026, contre 23 milliards cette année.

Alors que la partie la plus explosive du budget de l’État est encore débattue au Sénat, le sort du Premier ministre et la stabilité de la majorité se joueront peut-être dès mardi soir dans l’hémicycle.

Dans la même rubrique

0💬
Tri :