Budget de la Sécu : l’Assemblée adopte la partie recettes malgré des divisions marquées

Adoptée à 166 voix contre 140, la partie recettes du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2026 a suscité de vives oppositions dans l’Hémicycle. Le gouvernement appelle désormais à un débat apaisé sur les dépenses.
L’Assemblée nationale a adopté ce vendredi la partie recettes du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, une étape décisive avant l’examen des dépenses. Le texte, voté par 166 députés contre 140, a été marqué par des fractures nettes entre les différents groupes parlementaires, entre soutien de “responsabilité” et rejet pour “mauvaise orientation budgétaire”.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a exhorté les parlementaires à “ne pas empêcher le débat” sur la suite du texte, rappelant qu’un rejet à ce stade “interromprait immédiatement l’examen du budget et renverrait le texte au Sénat”. Il a insisté sur la nécessité de “permettre un débat démocratique sur les dépenses de la Sécurité sociale”.
Dans l’Hémicycle, les prises de position se sont succédé avec des arguments tranchés. “Nous nous opposerons à ce volet recettes du PLFSS, car il ne répond pas à la problématique des déficits”, a déclaré Éric Ciotti (Union des droites pour la République), accusant le gouvernement “d’augmenter massivement la fiscalité sur le capital”. Du côté du Rassemblement national, Jean-Philippe Tanguy a fustigé “un projet de facturation de vos sauvetages de sièges”, annonçant également un vote contre.
Le groupe Ensemble pour la République, pilier de la majorité, a quant à lui défendu un “vote de responsabilité” malgré des “éléments qui ne vont pas dans le bon sens”. Les députés Horizons ont pour leur part dénoncé “un déficit artificiellement réduit pour la Sécu” et “un déficit de l’État aggravé”, tandis que les Démocrates ont insisté sur l’importance du “travail parlementaire”.
À gauche, la France insoumise a rejeté un texte “injuste”, selon Hadrien Clouet, reprochant au gouvernement de laisser les grandes fortunes “en dehors de l’effort collectif”. Les socialistes, par la voix de Jérôme Guedj, ont en revanche soutenu le texte, saluant “le fruit d’un compromis” permettant de dégager des recettes supplémentaires. Les écologistes, eux, ont annoncé un vote contre, jugeant que “le point de compromis devait être à moyens constants pour les dépenses de santé, ce qui n’est pas le cas”, selon Cyrielle Châtelain.
Le déficit de la Sécurité sociale atteint 15,9 milliards d’euros à ce stade
Dans les autres rangs, la droite républicaine a salué“des avancées importantes sur des sujets fondamentaux”, tandis que le groupe LIOT, par la voix de Paul-André Colombani, a indiqué “prendre ses responsabilités” pour permettre la poursuite du débat. Le groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR), lui, a affiché une position partagée “entre pour et contre, dans des proportions à peu près équivalentes”.
La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a pour sa part évalué le déficit de la Sécurité sociale à 15,9 milliards d’euros à ce stade des débats, soit une amélioration de 1,6 milliard par rapport à la version initiale. Une amélioration obtenue, selon elle, “grâce au travail parlementaire et aux engagements pris par le gouvernement”.
La suite des discussions doit désormais porter sur la partie dépenses, souvent la plus sensible politiquement, où se joueront les arbitrages majeurs en matière de santé, de retraites et de prestations sociales.


