BTP : « On va droit dans le mur en klaxonnant »

« Les besoins et les attentes sont considérables », affirme Cyrille Rickmounie, président de la Capeb. « Il faut traiter ce sujet en priorité et sans délai », prévient-il. Le secteur du BTP subit une crise structurelle depuis plusieurs années, récemment aggravée par la hausse des prix des matériaux et des taux directeurs. Un cocktail explosif qui avait conduit une partie de la profession à manifester en début d’année, poussant le préfet à intervenir rapidement pour trouver des solutions visant à relancer le secteur.
BTP : L’incertitude persiste pour 550 millions d’euros de commande publique prévue en 2024
« Mais les différents plans mis en œuvre n’ont plus d’impact sur les entreprises et la filière. La crise est palpable, et on va droit dans le mur en klaxonnant », déclare Cyrille Rickmounie. La Capeb s’interroge alors : « Y a-t-il la volonté de mettre en place une solution adaptée et courageuse, surtout dans le contexte des restrictions budgétaires de l’État ? »
Pour la Capeb, il est impératif d’organiser un Grenelle du logement. « Il est grand temps de mener une réflexion transversale pour repenser la politique du logement et trouver des solutions durables à la crise qui secoue le secteur. Il faut répondre aux besoins, tant en matière de construction neuve que de rénovation. »
Pas touche à la Lodeom
La Capeb réclame un « accompagnement des entreprises » pour assurer leur stabilité, leur visibilité et leur solidité. Selon la confédération, le secteur est à un tournant critique. Parmi les premières mesures, elle demande à la BCE de baisser rapidement les taux directeurs, « pour permettre aux ménages d’emprunter à des taux d’intérêt attractifs ». Autre revendication : le maintien des budgets alloués à la rénovation énergétique des bâtiments. « Une réduction de ces fonds serait préjudiciable aux petites entreprises du BTP », rappelle Cyrille Rickmounie.
De manière plus générale, la Capeb est catégorique : il ne faut pas toucher à la Lodeom (dispositif d’exonération de charges). « Les entreprises créent de la richesse. Si demain on supprime la Lodeom, on déclenche une crise sociale », avertit Sylvio Boyer, vice-président de la Capeb. Il plaide également pour le maintien des aides à l’embauche d’apprentis en entreprise.
« Les chefs d’entreprises sont fatigués et angoissés »
Tous ces éléments sont néanmoins dans le viseur de la direction générale du Trésor. Dans le cadre des discussions sur le projet de loi de finances 2025, certains dispositifs évoqués pourraient être remis en question, notamment pour répondre aux exigences de réduction de la dette publique imposées par Bruxelles, à hauteur de 100 milliards d’euros d’ici 2027.
« Malgré les récents efforts de l’État et des élus, nous ne parviendrons pas à résoudre les problèmes. La nomination d’un nouveau gouvernement ne met pas fin à la crise. Il y a de fortes attentes pour trouver des solutions et redresser l’activité du BTP. Les chefs d’entreprises sont fatigués et angoissés. L’urgence est là », conclut Cyrille Rickmounie.


