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Agriculture : l'OPMR dresse un état des lieux des filières locales et appelle à plus de transparence

Ecrit par J.D. – le vendredi 3 juillet 2026 à 19H30

L'Observatoire des prix, des marges et des revenus (OPMR) tenait jeudi 2 juillet sa réunion plénière consacrée aux filières agricoles réunionnaises. Au programme : un vaste état des lieux de l'organisation de la production locale, de ses contraintes et de ses perspectives de développement. Les conclusions ont été présentées lors d'une conférence de presse le lendemain, vendredi 3 juillet.

Après avoir consacré une première phase de ses travaux à la grande distribution, l'OPMR s'intéresse désormais à l'amont de la chaîne alimentaire. L'observatoire a auditionné les principaux acteurs du secteur avant de présenter une étude sur l'organisation et le fonctionnement des filières animales et végétales de l'île.

Une production locale qui couvre près de 70 % des besoins en fruits et légumes

Les chiffres montrent une agriculture encore fortement dépendante des importations, mais qui conserve une place importante dans l'alimentation des Réunionnais. La production locale est estimée à 95.000 tonnes de fruits et légumes, dont 54.000 tonnes de légumes et 41.000 tonnes de fruits, soit un taux de couverture de 69 % des besoins. Ce taux atteint 74 % pour les légumes et 64 % pour les fruits.

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Pour les auteurs de l'étude, « la filière dispose tout de même d'un potentiel important », alors que près de 19.000 tonnes de légumes frais et 37.000 tonnes de viandes, essentiellement surgelées, continuent d'être importées chaque année.

Deux modèles agricoles très différents

L'étude met en évidence deux organisations bien distinctes. Les filières animales apparaissent fortement structurées autour d'organisations de producteurs et d'interprofessions reconnues. Elles assurent une production annuelle de 36.283 tonnes de viande, dont 23.128 tonnes de volailles et 11.437 tonnes de porc.

À l'inverse, la filière fruits et légumes demeure plus morcelée, malgré son poids économique. Les auteurs estiment que « l'enjeu principal ne réside pas tant dans la concurrence avec les importations que dans la capacité à produire localement dans des conditions économiques viables et durables ».

Stockage, foncier, main-d'œuvre : les principaux freins identifiés

Les auditions mettent en lumière plusieurs difficultés récurrentes : aléas climatiques, pression foncière, manque de main-d'œuvre, coût élevé des intrants mais aussi insuffisance des infrastructures de stockage et de transformation.

Selon l'étude, « un consensus fort se dégage autour du manque d'infrastructures de stockage et de transformation, identifié comme un frein majeur au développement de la filière agricole ». Ces équipements permettraient notamment de mieux réguler les volumes, stabiliser les prix et sécuriser les revenus des producteurs.

Le modèle de régulation de l'Urcoopa interrogé

L'étude consacre également plusieurs pages au fonctionnement du marché de l'alimentation animale et aux mécanismes de régulation mis en place par l'Urcoopa. Les auteurs reviennent notamment sur le fonds de régulation, présenté comme un dispositif destiné à assurer la stabilité des prix payés aux producteurs malgré les fluctuations des cours internationaux et à garantir un prix unique des aliments.

Mais le rapport relève également plusieurs interrogations. Les auteurs estiment que « ce dispositif pose cependant un problème réglementaire » et soulignent que sa gouvernance, jugée insuffisamment ouverte, « incite certains acteurs de la filière à penser que sa gestion pose des problèmes d'opacité et qu'il n'est pas forcément équitable ».

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Même constat concernant le fonds de modulation, utilisé lors des flambées des prix de 2008 puis de 2022 pour limiter les hausses supportées par les consommateurs. Là encore, l'étude relève que ce mécanisme ne serait pas prévu par la réglementation actuelle et regrette qu'« il n'existe pas de véritable bilan connu » permettant d'en mesurer précisément les effets.

Un déséquilibre des aides agricoles

Le rapport pointe également l'écart entre les différentes filières en matière de soutien public. Sur 226 millions d'euros d'aides spécifiques, 152 millions sont destinés à la canne à sucre, contre 52 millions pour les productions animales et 22 millions pour les autres filières végétales.

Dans le même temps, les fruits et légumes représentent une production valorisée à 156 millions d'euros, contre 123 millions d'euros pour la canne.

"Une gouvernance moins opaque"

Autre sujet sensible abordé par les auditions : la transparence économique. Les différents acteurs interrogés souhaitent une meilleure lisibilité de la répartition de la valeur entre producteurs, transformateurs et distributeurs.

Les auteurs de l'étude estiment que certaines situations de monopole ou d'oligopole « apparaissent à la fois incontournables (...) et problématiques par rapport aux prix imposés sans transparence ». Ils jugent nécessaire « une gouvernance moins opaque, élargie à d'autres acteurs de la filière et même externes ».

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Parmi les pistes proposées figurent le renforcement de la structuration de la filière fruits et légumes, le développement des infrastructures de stockage, le soutien à l'installation de jeunes agriculteurs, une meilleure valorisation du foncier agricole ainsi que le développement de la transformation agroalimentaire locale, avec en toile de fond un même objectif : renforcer la souveraineté alimentaire de La Réunion.

Etiquettes : Agriculture | OPMR | PU1

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