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"Consanguinité capitalistique" : les propos de Tereos jugés "incompréhensibles" et "insultants" par la chambre d'agriculture

Ecrit par P.M. – le vendredi 3 juillet 2026 à 17H21
Le président de la chambre verte voit rouge après les propos tenus par le directeur de Tereos Océan indien.

En réponse aux réserves exprimées et aux mots utilisés par le directeur général de Tereos Océan Indien sur l'entrée au capital de l'industriel des planteurs, le président de la Chambre d'agriculture, Olivier Fontaine, monte au créneau. Il juge les propos de l'industriel "incompréhensibles", voire "insultants" et estime qu'ils traduisent un refus persistant de la transparence réclamée par les planteurs.

Le débat sur l'avenir de la filière canne-sucre et sur la place que pourraient y occuper les planteurs au sein du capital de Tereos est loin d'être clos. Dans un entretien publié dans un supplément agricole du Quotidien, le président de Tereos Océan Indien, Philippe Labro, a clairement fermé la porte à une entrée au capital des planteurs. 

Lire aussi : “On doit rentrer dedans” : les planteurs veulent entrer au capital de Tereos

Interrogé sur ce point, il estime notamment que ce dernier ne ferait pas l'unanimité parmi les agriculteurs et met en garde contre une forme de « consanguinité capitalistique » qui risquerait, selon lui, d'affaiblir l'interprofession.

"Il ne faut pas affaiblir l'interprofession et il ne faut pas confondre les rôles. La filière fonctionne sur une répartition claire des responsabilités entre trois acteurs : les planteurs, les industriels et l'État", déclare-t-il.

Philippe Labro affirme également que « l'avenir de la filière ne se joue pas au conseil d'administration de l'industriel mais au bureau du CPCS », estimant que les enjeux prioritaires résident dans la défense du POSEI et le maintien des aides publiques.

« Des propos déplacés et incompréhensibles »

Une analyse qui ne passe pas du côté de la Chambre d'agriculture. Dans un communiqué diffusé ce vendredi 3 juillet, son président Olivier Fontaine dit son « incompréhension » face aux déclarations du dirigeant de Tereos. Des propos jugés "déplacés, incompréhensibles, voire insultants", par la chambre verte.

"Nous ne comprenons pas ces mots de "consanguinité capitalistique". Tereos est bien un acteur de l'interprofession canne et sur ce sujet il n'y a pas de consanguinité capitalistique pour les représentants de Tereos", écrit-il.

Pour le président de la Chambre d'agriculture, les propos de Philippe Labro traduisent une vision réductrice du rôle des planteurs au sein de la filière : "Quelle est la vraie implication de Tereos pour les planteurs ? Est-ce uniquement de diviser les planteurs entre eux ?", interroge-t-il.

La transparence toujours au cœur du débat

Au-delà de la question de l'actionnariat, Olivier Fontaine estime que le véritable sujet reste celui de la transparence économique de l'industriel, réclamée depuis plusieurs années par les représentants agricoles.

"Cette posture montre bien que le sujet sur la transparence des comptes et des activités de Tereos, que demandent les planteurs depuis toujours, est un sujet tabou", affirme-t-il.

Le président de la Chambre d'agriculture rejette également l'idée selon laquelle les planteurs devraient se limiter à la seule défense des aides européennes.

"Nous donner un rôle uniquement pour défendre le POSEI, c'est très réducteur de nos interventions pour l'ensemble de la filière", estime-t-il.

Il rappelle par ailleurs que les représentants des planteurs participent déjà à la gestion de dispositifs essentiels au maintien du revenu agricole, notamment à travers les aides prévues dans le cadre de l'interprofession. 

"Les planteurs seront vent debout pour défendre leurs intérêts"

Alors que la filière traverse une période d'incertitudes marquée par la baisse des volumes, les interrogations sur le modèle économique du sucre réunionnais et les discussions autour de la transparence des comptes industriels, la question d'une participation des planteurs au capital de Tereos devrait continuer d'alimenter les débats.

Une chose est sûre : du côté des organisations agricoles, le sujet est loin d'être abandonné. "Les planteurs seront vent debout pour défendre leurs intérêts", prévient Olivier Fontaine.

Si, avec ses propos, le but de Tereos était de souder les rangs à quelques jours du début d'une campagne enfin jugée plus prometteuse, c'est raté.

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