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Briser le tabou du deuil périnatal

Perdre un enfant en fausse couche, in utero ou à la naissance est un traumatisme qui peut se vivre dans l’indifférence des proches, incapables de reconnaitre ce décès à part entière, tout comme la phase de deuil qui suit. A l’occasion de la journée du deuil périnatal, l’association Nos Tout-Petits de la Réunion dévoile une exposition de la photographe Ktymini.  "J’t’ai dans la peau", un ancrage pour faire exister.

Ecrit par zinfos974 – le vendredi 15 octobre 2021 à 15H59

Alexia a traversé quatre fois cette terrible épreuve en raison d’une maladie génétique. Elle est passée par toutes les étapes avant d’accepter la main que l’association Nos Tout-Petits lui a tendue et devenir elle-même bénévole. « On se comprend les uns et les autres parce qu’on passe par cette situation ». La haine, la colère, l’injustice… L’association propose un soutien « sans aucun jugement » aux parents en deuil après le décès survenu en cours de grossesse, à la naissance, ou durant les sept premiers jours de vie.

Ce deuil a de particulier qu’il anéantit le projet de vie. « Le chemin est long pour accepter l’inacceptable », confie Alexia. Pour y aider, outre le soutien par des groupes de parole, des lâchers de ballon, l’association organise également des cérémonies d’adieu dans un funérarium. « Un moment de recueillement pour dire au revoir durant lequel toutes les confessions religieuses sont acceptées ». Malheureusement, peu de proches des parents endeuillés y assistent. Il y a « une sorte de tabou. Ce que l’on entend souvent c’est ‘vous êtes encore jeunes ! Vous pouvez encore en avoir d’autres’. Mais l’enfant perdu ne sera jamais remplacé. Il n’y a pas de bébé pansement », explique Alexia. 

L’association milite pour que malgré le deuil périnatal, leur soit reconnu le statut de parent. « Un homme qui a perdu sa femme on l’appelle un veuf ou une veuve si c’est une femme. Un enfant qui a perdu ses parents, c’est un orphelin mais quel nom donne-t-on aux parents qui ont perdu un enfant ? » L’association mène également le combat de faire entrer le mot « parange », la contraction de « parent » et « ange » dans la langue française et l’espace social. 
 
En attendant que le terme soit également inscrit au dictionnaire, Nos Tout-Petits de La Réunion dévoile à compter de ce vendredi 15 octobre jusqu’au 26 novembre prochain, les émouvants et tendres clichés de Ktymini. La photographe à la retraite est bénévole de l’association Souvenange. La mission de cette association, avec l’accord de la famille, est de prendre des photos positives du bébé décédé. Ici KTymini a immortalisé les messages que des parents ont gravé à l’encre sur leur peau. Une trentaine de « paranges » ont participé. 

 

Si vous souhaitez prendre contact avec l’association Nos Tout-Petits de La Réunion: 06 93 40 31 99

 

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