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Braquage d'une station-service à Saint-Joseph : Bébé Kaporal et son complice condamnés à 5 ans

Ecrit par G.D. – le mardi 1 juillet 2025 à 17H21

Dans l'affaire du braquage d'une station-service à Saint-Joseph en avril 2024, deux des trois prévenus étaient jugés ce mardi 1er juillet 2025. Après avoir reconnu les faits, les deux prévenus écopent de 5 ans de prison ferme.

Le 3 avril 2024, une station-service Engen de Saint-Joseph a été victime d’un braquage par deux hommes. Deux jours plus tard, un car-jacking a eu lieu à Ravine Blanche, à Saint-Pierre. Très rapidement, les policiers interpellent, le soir même, l’auteur du vol de la voiture qui n’est autre qu’Alfredo, connu à son insu durant sa jeunesse pour avoir reçu des coups de ceinture de sa mère appelée "Maman Kaporal", avant de faire le buzz sur les réseaux sociaux et dans les médias.

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Alfredo va directement avouer aux forces de l’ordre qu’il a participé au braquage de la station-service quelques jours plus tôt. Jugé en comparution immédiate quelques jours après, il avait été condamné à 3 ans de prison ferme. Ce mardi, c’est pour le braquage de la station-service qu’il faisait face aux juges, accompagné du “cerveau” de l’opération. Le mineur qui les accompagnait avait été jugé par le tribunal pour enfants et a écopé de 4 ans de prison ferme.

Les deux prévenus vont être totalement transparents et tout raconter aux magistrats. Ce jour-là, Alfredo était à la gare routière de Saint-Pierre accompagné du mineur. Malgré sa forte alcoolisation, Alfredo a préféré quitter les lieux en raison des nombreuses bagarres qui s’y déroulaient car il ne voulait pas avoir de nouveaux problèmes avec la justice. Ce fut sa dernière bonne décision de la journée.

Un braquage improvisé

Son ami mineur lui propose de partir à Saint-Joseph pour retrouver son ami Jean. Le trio continue de boire et le Saint-Joséphois propose aux deux autres d’aller braquer la station-service du centre-ville. Il savait que le caissier n’allait pas opposer de résistance et que le site offrait plusieurs chemins pour s’enfuir. « Je voulais faire un travail propre quoi ! », lâche Jean, qui assure avoir eu cette idée « sur le coup de l’effet. »

Pour effectuer ce « travail propre », ils vont se couvrir la tête avec un t-shirt en guise de cagoule et des chaussettes pour les gants. Jean va charger Alfredo de braquer le caissier avec un pistolet à billes qu’il lui remet, tandis que le mineur est chargé de prendre la caisse. Jean, lui, décide de rester dehors, mais « pas pour faire le guet, puisque j’avais pas de téléphone pour les prévenir si la loi arrivait. »

Ils parviennent à réaliser le braquage rapidement, laissant choqué le jeune caissier et son collègue qui était à l’arrière du magasin, traumatisé. Ils parviennent à s’enfuir avec un butin d'environ 2 800 euros. Ils seront interpellés quelques jours plus tard et placés en détention.

Des parcours chaotiques mais des projets de réinsertion

Malgré leur jeune âge, Alfredo et Jean ont respectivement 11 et 7 mentions sur leur casier judiciaire. Néanmoins, les deux montrent des signes d’usure de cette vie de délinquance et parviennent à donner des projets de vie concrets après leur détention, ce qui est relativement rare pour être signalé. Alfredo est par ailleurs traumatisé d’avoir été en détention alors que sa compagne est décédée cette année, laissant derrière elle un enfant qu’il considère comme son fils. Jean affirme être fatigué de sa réputation de voleur sur Saint-Joseph.

Le procureur, de son côté, demande une requalification des faits de vol en réunion à vol aggravé avec violence, en réunion et en récidive. Il demande une peine de 7 ans de prison ferme pour Jean et 8 ans de prison ferme pour Alfredo, avec une interdiction de se rendre à Saint-Joseph pendant 5 ans.

La défense plaide l'amateurisme

« On parle de cerveau. On parle d’organisateur. Ce dossier ne reflète ni plus ni moins que de l’amateurisme. Il n’y a pas d’équipe organisée », argue Me Victoria Rouxel pour la défense de Jean. « Il n’a jamais contraint qui que ce soit. Les responsabilités sont partagées de manière équitable. », ajoute-t-elle.

Pour la défense d’Alfredo, Me Nicolas Dyall va rappeler qu’à la base, il n’avait rien à voir avec cette idée de braquage et qu’il avait seulement rencontré son ami par hasard à la gare de Saint-Joseph. La défense va revenir également sur son parcours atypique. « Il n’est pas connu par son casier, mais par la violence de sa mère. Tout a été diffusé dans les réseaux sociaux et la presse et il a dû vivre avec ça. Certains médias ont encore diffusé cette vidéo dans les reportages sur ce procès. Il est détruit par tout ce qu’il a connu », assure-t-il.

Le tribunal va finalement requalifier les faits en vol avec violences et les condamner tous les deux à 5 ans de prison ferme avec maintien en détention. Ils ont interdiction de se rendre à la station-service durant trois ans après leur sortie de détention. Alfredo se voit octroyer une fusion de peines entre sa précédente condamnation de trois ans pour le car-jacking et celle du jour. Il effectuera donc 5 ans au lieu de 8 ans. Les dédommagements aux victimes seront décidés lors du renvoi sur intérêts civils.

Lire aussi : Violences conjugales : Alfredo, le fils de "Maman Kaporal", reste en prison

Etiquettes : Braquage à St-Joseph

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