Boycott à l'audience solennelle de rentrée du conseil des prud'hommes de St-Pierre

C'est aujourd'hui qu'avait lieu l'audience solennelle du conseil des prud'hommes, qui marque la fin et le début d'une nouvelle année judiciaire. Traditionnellement, c'est aussi le moment où le nouveau président prend ses fonctions. Comme chaque année, la présidence change puisque l'alternance est la règle entre les conseillers prud'homaux, représentants les salariés, et leurs homologues représentants des employeurs. Ce matin, Philippe Maillot a donc laissé sa place a Julien Rochefeuille qui siège dans ce conseil depuis 1987 et qui entame ainsi son quatrième mandat de président après 2004, 2006 et 2010. Problème, cette année, son élection à la présidence est contestée par un de ses collègues, Thérésien Payet, lui aussi candidat à la présidence. Ce dernier dénonce les modalités de l'élection.
Élu à l'ancienneté sans avoir participé au premier tour du scrutin
Pour mieux comprendre les raisons de son mécontentement, il faut se plonger dans le mode de désignation du président. Chaque année, les conseillers se réunissent pour désigner leur président à travers un scrutin à trois tours. Pour l'année 2012, c'était donc au tour des conseillers représentants des employeurs de se réunir pour désigner en leur sein un président. Deux candidats se sont alors présentés : Thérésien Payet pour l'Unided et Jean-Paul Bauer pour le Medef. Malheureusement, le premier tour n'a pas permis de les départager. Le candidat du Medef s'est alors désisté et le président de séance a fait un nouvel appel à candidature permettant l'entrée en lice de Julien Rochefeuille, qui sera finalement élu à l'issue du troisième tour en raison de son ancienneté comme conseiller prud'homal.
La cour d'appel tranchera au mois de mars
Pour Thérésien Payet, le désistement de Jean-Paul Bauer puis la candidature de Julien Rochefeuille était une manœuvre pour que l'alliance Medef-CGPME emporte la présidence. Car si le candidat de l'Unided avait une ancienneté moindre que Julien Rochefeuille, ce n'était pas le cas concernant Jean-Paul Bauer. Autrement dit, selon lui, ils auraient perdu la présidence si les choses étaient restés en l'état. Le candidat malheureux a donc déposé un recours devant la cour d'appel qui devrait statuer le mois prochain. De son côté, Julien Rochefeuille précise qu'il s'en remettra à la décision de la cour d'appel mais ils regrette que son adversaire, et quelques conseillers qui le soutiennent, aient décidé de ne pas assister, malgré leur obligation, à l'audience solennel de rentrée, puisqu'ils ont préféré, selon lui, attendre les journalistes à la sortie...


