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Cinq Boeing 777 localisés en Iran avaient été immatriculés à Madagascar

Ecrit par N.P. – le lundi 28 juillet 2025 à 23H57
(photo d'illustration)

L’aviation civile de Madagascar (ACM) se retrouve au cœur d’une affaire internationale après avoir émis des certificats d’immatriculation provisoire pour cinq Boeing 777‑200ER, identifiés sous les préfixes malgaches 5R‑RIS, 5R‑ISA, 5R‑HER, 5R‑IJA et 5R‑RIJ pour la société UDAAN Aviation. Ces avions, prétendument destinés à rejoindre le Kenya pour maintenance, sont finalement apparus en Iran, propriété probable de la compagnie Mahan Air, malgré les sanctions américaines.

L’ACM assure avoir délivré ces documents le 17 janvier 2025, valables jusqu’au 17 avril, et exigeait la présence physique des appareils à Madagascar pour inspection. Pourtant, selon ses propres vérifications, les avions n’y ont jamais atterri : ils seraient restés en Chine avant de rejoindre l’Iran via le Cambodge.

Usage frauduleux de documents officiels

L’autorité indique que la validité des certificats provisoires aurait été frauduleusement prolongée jusqu’au 12 juillet 2025, sans son accord. Ces documents falsifiés auraient ensuite été présentés à d'autres pays, dont le Cambodge. Face à ces faits, l’ACM a déposé plainte pour faux et usage de faux et a ouvert une enquête en collaboration avec les autorités compétentes pour identifier les responsables.

L’ACM souligne que l’attribution d’un préfixe « 5R » ne constitue pas une immatriculation définitive : une autorisation provisoire ne vaut pas certification officielle. Elle réaffirme son respect des engagements internationaux, notamment liés aux embargos, et refuse toute complicité dans ce transfert.

Des appareils désormais localisés en Iran

Selon plusieurs sources spécialisées, obtenir un nouveau Boeing 777 pour une compagnie iranienne comme Mahan Air serait inédit depuis 2018. Ces avions, anciennement exploités par Singapore Airlines puis NokScoot et entreposés en Australie, sont arrivés en Iran au cours de l’été 2025. Certaines de ces arrivées ont été confirmées notamment à Mashad, Zahedan et Chabahar.

L’opération, impliquant plusieurs sociétés écrans à travers l’Asie et utilisant des documents administratifs douteux, soulève de sérieux doutes sur la capacité à contourner les sanctions internationales. Ce transfert pose aussi une question sur la transparence des registres aéronautiques des États, en particulier face à des fraudes potentielles à caractère géopolitique.

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