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Biodiversité : La flore de La Réunion de plus en plus menacée

L'état des lieux dressé dans le cadre de la Liste rouge des espèces menacées en France sonne l'alerte. 41% des espèces de la flore vasculaire de La Réunion se trouvent désormais menacées contre 30% en 2010.

Ecrit par P.B. – le mardi 21 novembre 2023 à 16H25, mis à jour le jeudi 23 novembre 2023 à 09H37

Bois de senteur blanc, Bois puant, Petit Tamarin des hauts, Bois de lait ou encore Cadoque blanche, la flore vasculaire réunionnaise (orchidées, arbres et autres plantes à fleurs, fougères et plantes alliées) se meurt à petit feu. Alors que le premier bilan réalisé en 2010 établissait à 30% des espèces comme menacées, 13 ans plus tard, l’actualisation de l’état de la flore réunionnaise est “marquée par une forte aggravation”. 41 % des espèces sont aujourd’hui menacées malgré les mesures de conservation mises en place.

Le Comité français de l’UICN, l’unité PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD), avec la coordination locale du Conservatoire botanique national de Mascarin, ont mené dans le cadre de la Liste rouge des espèces menacées en France ce nouveau bilan sur 962 espèces indigènes. “Au terme des analyses, les résultats montrent que 395 espèces sont menacées et 31 autres quasi menacées, tandis que 41 espèces ont déjà disparu. Le bilan dressé met en évidence les pressions croissantes qui pèsent sur la flore de l’île ».

Les espèces exotiques constituent la plus grande menace. Elles sont ainsi la “cause majeure d’érosion de la biodiversité”, indique l’UICN. “La Liane papillon (Hiptage benghalensis), d’origine indo-malaisienne, étouffe par exemple les vestiges de la forêt sèche et les derniers pieds du très rare Bois puant (Foetidia mauritiana), classé « En danger critique », tandis que l’Ajonc d’Europe (Ulex europaeus) prend le dessus sur les plantes de haute montagne comme le Petit Tamarin des hauts (Sophora denudata), classé « En danger »”.

Le grand escargot d’origine africaine, l’Achatine (Lissachatina fulica) mais aussi les rats s’en prennent aux plantes et aux semences du Bois d’ortie (Obetia ficifolia) ou du Mazambron marron (Aloe macra), classés « En danger ».

Des pressions multiples

Autres menaces : l’urbanisation galopante et le développement agricole. Deux facteurs de dégradation voire de destruction des habitats naturels de la flore réunionnaise. Dans les zones littorales et de basse altitude, le Bois de lait (Tabernaemontana persicariifolia) et la Mauve (Abutilon exstipulare) sont classés « En danger critique ».

Il ne faut également pas négliger les prélèvements faits directement en forêt. Cueillir des plantes en forêt parce qu’elles sont belles ou parce qu’elles soignent a aussi des conséquences délétères. Le remarquable Phajus tétragone (Phaius tetragonus) est une orchidée « quasi menacée » pour sa beauté, tandis que la Cadoque blanche (Strongylodon lucidus), est “victime des propriétés médicinales qui lui sont prêtées” et est désormais « vulnérable ».

La déforestation crée des ilots, isole les espèces et empêche leur reproduction. “C’est le cas du Bois de senteur blanc (Ruizia cordata), classé « En danger critique ». Cette perte de la fonctionnalité des écosystèmes risque de poser de grands problèmes de conservation dans le futur, alerte IUCN.

A tous ces facteurs s’ajoutent “le déclin et la disparition des animaux assurant la dispersion des semences et la pollinisation des fleurs entravent la régénération de nombreuses espèces”.

En 13 ans, ce sont ainsi 95 espèces qui voient « leur situation s’aggraver parmi les 97 connaissant un véritable changement de leur statut de conservation”.

Si des programmes de protection sont en cours , “ils n’apparaissent pas suffisants et beaucoup ne portent pas encore leurs fruits, car ils concernent principalement des plantes ligneuses qui présentent des temps de régénération longs. La préservation de ces espèces nécessite la poursuite des efforts engagés pour observer de réelles améliorations”. Face à la perte de notre patrimoine naturel, “une prise de conscience collective et à un changement indispensable de nos pratiques au quotidien” sont également nécessaires.

 

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O.M
8 jours il y a

Moi je veux replanter l’île de Paques avec des rameaux et des lapins qui pondérant des œufs en chocolat tant qu’à faire.
Pour les statues c’est à cause de l’echouage du radeau de la méduse.

Billy
8 jours il y a

L’île est vouée à se décliner lentement mais sûrement,notre propre population n’a aucun respect des lieux, déchets après pique nique, déchèteries sauvages,randonneurs irrespectueux, racailles qui jettent bouteilles et cannettes partout,petits jeunes sans éducation qui balancent leur mac do.A côté de cela,une urbanisation grandissante pour se faire du fric.On veut caler les gens dans des blocs de béton, c’est plus facile

Jirimbelle
8 jours il y a

Je rajouterai la coupe à ras des arbres et feuillages autour des immeubles des centres villes réalisée par les communes laissant parfois peu de chance à l arbre de survivre

Jean des Hauts
8 jours il y a

Ca colle avec l’arrivée du Parc National 😉 encore une belle brochette de branleurs. Comme par hasard, ceux la même qui sont garants de la protection des espaces naturels, ne s’expriment pas là! Il est grand temps qu’on se rende compte que la direction du Parc national est incompetente et qu’elle paie le prix de son inefficacité manifeste. Des branleurs je vous dis 😉

KozSèrié
7 jours il y a

Comme partout où cette humanité moderne a posé le pied, pendant des millions d’année nos ancêtres ont vécues en harmonie avec la nature et nous en 150ans on a tout détruit, on peut être fière de notre civilisation industrielle, on es à l’apogée de notre histoire, bientôt le retour a l’âge de pierre… Bravo a tout ceux qui ont permis cet exploit… Et change pas rien continue coma..

Pascale
7 jours il y a

Est ce que cela étonne? Je me demande ce qu’ils font de tous les millions qui arrivent pour entretenir le parc… on embauche surement les copains-copines, on met dans sa poche… mais niveau protection c’est 0! Les plantes envahissantes sont rarement arrachées… voir jamais!

tiGlaude
7 jours il y a

Le Parc national de la fainéantise oui! S’il fallait compter sur cet établissement public perfusé à foison pour des personnels plus intéressés à se balader tous frais payés dans la Natire qu’à s’investir pleinement pour protéger la biodiversité. De l’incompétence payée rubis sur ongles !

Lui
7 jours il y a

Les bonnes questions posez les vous !!
Pourquoi tout semble contraire ??

Parceque le monde est faux,et ils ne veulent pas que vous le remarquer de peur qu’on met le feu dans la ferme des animaux !!

1984, et la ferme des animaux raconte carrément la DYSTOPIE dont l’humanité subit aujourd’hui !!

Continué de regarder ailleurs mi les fou moin!!

Grangaga
7 jours il y a

L’irbanizacyion lo bann’ térin agrikol’ y fo y…. di…
Y fo warr’ lo bann’ térin la …safèrr’…
In lapin dann’ park’, in volay’ péï, in pyié gouyiavv’, in konkonm’ lo syin, la pwin déssi, néni, nyiètt’, nada, nada, nada…..
Lé pirr’ ke lo maki Korss’, èk’ lo sib’vancyion l’éta pou in lapin nin……
É la, lavé in… kritèrr’ ankorr’ pou….
Arr’ mon Dié Monmon, sink’ …èk’tarr’…pou in sèl’ bougu’….
Alorss’ ..k’in sèl’ té assé po ènn’ ti kolon ke lavé mèm’ pa bézwin in …brévé, in diplom’ plantt’ manyiok’, in trak’tèrr’, pwiské li lé né dodan li.. lo bitacyion……
Ziss’ in p’ti mor’so po fé vivv’ in famy a son… « kontt’ « , po pa vivv’ sou la bott’ l’éta…
Aprè lo pli zoli kritirr’…l’arzan oté.
Ou as’té lo brévé li, lo diplomm’, lo térin, la klotirr’…la total’…..
Ou mètt’ a li…lo sink’ èk’tarr’ mi vé dirr’ parr’ là…
Ou mètt’ a li an … »z’assèrr’  » an atandan ou vann’ pli sèrr’…

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