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Logements sociaux : Eric Ferrère veut préserver la "tranquillité" des Avirons

Après avoir passé près de 20 ans dans l'opposition municipale, Eric Ferrère est aux commandes des Avirons depuis 2020. Héritant de la politique de l'équipe précédente qui avait tout misé sur le logement privé, il doit à présent faire face à un manque de logements sociaux et développer l'activité économique. Le tout sur un territoire où le foncier est rare.
Ecrit par Gaetan Dumuids – le vendredi 8 septembre 2023 à 14H00

Incontestablement, Michel Dennemont aura transformé la commune des Avirons en la faisant passer d'un village essentiellement composé d'exploitations agricoles à une petite ville résidentielle où il fait bon vivre. Mais si ce développement fait le bonheur de ses habitants, la commune fait face à deux grands problèmes : le manque de logements sociaux et le manque d'attractivité économique.

"Trop longtemps, on a considéré que les Avirons n'étaient pas une commune à vocation économique. Je dis que ce n'était pas une fatalité. La preuve, c'est qu'on était les pionniers en matière agricole. C'est sur cette basse-cour à l'échelle communale que s'est développé le mouvement coopératif. Si l'Urcoopa existe aujourd'hui, c'est parce que ces coopératives se sont fusionnées. C'est l'union de l'union", rappelle Eric Ferrère, l'édile de la ville.

Celui qui possède un master en DESS (bac +5) Territoire et développement local connait l'importance de l'économie. Pressé par la préfecture de rattraper le déficit de logements sociaux sur le territoire de la commune, sous peine de voir l'amende multipliée par cinq, il souhaite s'assurer de pouvoir créer des emplois avant d'accueillir une nouvelle population.

"C'est une commune tranquille, c'est sa force ! C'est pour moi l'un des leviers pour le développement socio-économique de notre territoire. Les gens viennent aux Avirons parce que c'est tranquille ! Cette tranquillité-là, c'est vite fait de la briser", souligne-t-il. Il souhaite donc que l'implantation des logements sociaux se fasse dans un plan plus global de développement du territoire.

Un plan de mixité fonctionnelle du territoire

"On doit réfléchir sur les différentes thématiques d'un territoire et proposer un aménagement de manière équilibrée. Ce que je prône, c'est un plan de mixité fonctionnelle du territoire. Ce n'est pas que des logements. Les Avirons sont devenues une cité résidentielle, c'est super tranquille. Mais ceux qui ont investi aux Avirons pour cette tranquillité là vont voir des gens arriver qui n'auront pas de travail. Cela va donc créer un écart et briser ce lien social. Je veux bien accueillir des gens, mais il faut être en mesure de leur proposer un travail", lance Eric Ferrère.

De plus, le maire doit gérer en fonction de la cartographie de la commune (2e plus petite commune sur un dénivelé important) et de la législation. "On ne peut pas construire dans les Bas à cause de la loi littoral, des petits poissons protégés, ni dans les Hauts avec la nature et le Parc national, dont je suis moi-même président. Au milieu, on ne peut pas construire à côté des ravines, ni sur les champs parce qu'il faut protéger l'agriculture. Le foncier constructible est rare, d'où la révision de mon Plan local d'urbanisme (PLU)."

Eric Ferrère souhaite donc pouvoir consacrer une partie des terrains au développement économique. Car l'élu sait parfaitement qu'à défaut d'avoir un secteur privé capable de créer des emplois, une partie de la population va se tourner vers la mairie. "Comment un maire peut refuser à un père ou une mère de famille dans le besoin un petit contrat ? Le problème, c'est que ça fait exploser le budget fonctionnement au détriment de l'investissement qui nous permet d'aménager le territoire."

S'il affirme que "parfois l'État a des demandes contradictoires en voulant qu'on fasse des logements sociaux mais sans pouvoir déclasser des terrains", il souligne que le sous-préfet a parfaitement compris sa démarche. À terme, ce seront près de 500 logements sociaux qui seront construits sous la forme de "petits villages".

Attirer les investisseurs

Il mise sur son concept "d'intelligence territoriale. Si nous n'avons pas les moyens de faire des investissements, le privé ou les collectivités le peuvent. C'est ce que j'appelle le 'faire-faire'. Un maire n'a pas vocation à tout faire, mais il est le catalyseur d'une dynamique sur son territoire : sociale, environnementale et économique."

C'est pourquoi il a ouvert son PLU à l'attractivité économique. Si les commerces du centre-ville connaissent des difficultés, il a parfaitement conscience que le manque de parking en est l'une des causes. Un problème qu'il va tenter de régler avec le dispositif "petites villes de demain" afin de revitaliser son centre-ville. Il annonce la construction future de quatre hôtels.

"On est le carrefour de l'ouest et du sud. On est près de la mer, on a une frontière maritime, la forêt, de beaux paysages. Tout ça, ce sont des leviers du développement économique", assure-t-il.

 

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