Bénabar, Disiz, Oxmo Puccino... les Francofolies 2026 lèvent le voile sur leurs premiers artistes

Neuf premiers artistes, des promesses de surprises et un contexte toujours fragile pour le secteur : les Francofolies de La Réunion ont lancé ce mardi 24 février les premières notes de leur édition 2026 à Saint-Paul.
Les Francofolies de La Réunion ont officiellement lancé leur édition 2026 ce mardi matin 24 février à Saint-Paul, en dévoilant les neuf premiers noms de l’affiche. Le compte à rebours est désormais lancé, avec l'ouverture ce mardi midi de la billetterie.
Une annonce présentée comme « une première étape pour lever le voile sur ces Francos 2026 », selon Suzelle Boucher, première adjointe en charge de la culture.
« Cet événement est désormais inscrit dans l’agenda de la ville et attendu par toute l’île. Le festival fait rayonner Saint-Paul sur toute La Réunion », souligne-t-elle. La neuvième édition - dont la cinquième à Saint-Paul - illustre selon elle « la relation de confiance entre les Francos et la ville ». Elle rappelle également que « L’esprit du festival rejoint le projet de la municipalité pour la culture : une culture qui rassemble et qui plaît à toutes les générations ». En 2025, près de 20 000 festivaliers avaient répondu présent, dont 45 % originaires de l’Ouest.
Une affiche éclectique et encore incomplète
Parmi les premiers artistes annoncés figurent Taïro, Oxmo Puccino, Mosimann, Zaz, Bénabar et Disiz, ainsi qu’Ino Casablanca, Danyl et Luiza.
Jérôme Galabert promet « une édition les pieds dans l’eau, la tête en feu ». Il se félicite du retour de Disiz, « le goat, qui revient en force après les Victoires de la musique », et de la venue de Bénabar : « On voulait lui proposer de jouer ici depuis longtemps, et on a réussi à le convaincre de monter dans un avion, ce qui est très rare. »
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Il annonce d’ores et déjà la suite : « On va se retrouver bientôt pour dévoiler le reste de l’affiche. » Conscient du manque de parité dans cette première vague, il précise : « Il ne vous a pas échappé qu’il n’y a que deux femmes pour l’instant. Nous reviendrons avec plus d’artistes au féminin, et surtout avec tous les artistes réunionnais. »
La Région Réunion accompagne l’événement à hauteur de 130 000 euros. « Nous sommes aux côtés du festival qui s’engage pour son territoire », affirme Patricia Lebreton, élue à la Pyramide inversée. Sur cette enveloppe, 30 000 euros seront dédiés aux actions culturelles, notamment dans les établissements scolaires.
« On n’est toujours pas sortis des ronces »
Derrière l’enthousiasme de l’annonce, les organisateurs ont dressé un constat lucide sur la situation de l’industrie musicale. « On n’est toujours pas sortis des ronces », confie Jérôme Galabert. Les dettes contractées pendant la crise Covid ne seront totalement remboursées qu’en avril 2027. « Cela veut dire que cette charge pèsera encore sur les éditions 2027 des Francos, et jusqu’en 2028 pour le Sakifo. »
La période actuelle reste marquée par l’inflation, l’augmentation des coûts techniques et logistiques, mais aussi par une forte incertitude institutionnelle. « Nous arrivons à la fin d’une période de dialogue avec des acteurs institutionnels pour sécuriser des fonds pour les prochaines années. » À cela s’ajoute un contexte politique particulier : « On rentre dans un tunnel électoral où beaucoup de choses peuvent basculer. » L’impact est concret pour la structure organisatrice, qui est passée de 22 à 15 salariés permanents. « On ne pleure pas sur notre sort, mais beaucoup de festivals ont disparu. »
Concurrences
Pour Mouna Haguna, directrice générale de Comptoir G, la transformation est aussi structurelle. « Aujourd’hui, le rapport au live a totalement changé. » Avec la baisse des revenus liés au streaming, les artistes dépendent désormais principalement de la scène pour vivre. Résultat : les grandes tournées en salles et en stades se multiplient et concurrencent directement les festivals.
« Les nouvelles générations préfèrent parfois se concentrer sur un seul artiste, plutôt que sur un événement collectif », observe-t-elle. Face à cette tendance, certains festivals choisissent la spécialisation pour cibler un public précis. Les Francofolies font le pari inverse : « Nous faisons le choix de l’éclectisme pour mélanger les publics et les artistes. »


