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Bachil Valy: « Les Antilles ont toujours réclamé une certaine forme d’autonomie »

?Premier des Marcheurs à La Réunion, Bachil Valy entend la proposition de Sébastien Lecornu pour la Guadeloupe comme l’opportunité pour ce territoire de défendre ses intérêts. La volonté de certains élus de Guadeloupe d’ouvrir le débat pour plus d’autonomie s’inscrit selon le maire de l’Entre-Deux dans la droite ligne de ce que le président Macron avait déjà proposé il y a trois ans.

Ecrit par – le samedi 27 novembre 2021 à 18H08

Qui s’en souvient encore ? Il y a bientôt trois ans à l’issue de la déflagration sociale qu’avait été le mouvement des Gilets jaunes, le chef de l’Etat avait convié les élus d’Outre-mer le 1er février 2019 à l’Elysée pour un exercice inédit. Entouré d’une centaine d’élus locaux ultra-marins, Emmanuel Macron avait répondu, au cours d’un « Grand débat », à toutes les questions posées pendant plusieurs heures. Un format inédit.

Ce jour-là, Bachil Valy faisait partie de l’assemblée et cela bien avant de prendre les rênes de LREM Réunion en 2021. A la lumière de la crise sociale qui traverse la Guadeloupe actuellement, il retient les réponses d’Emmanuel Macron apportées au parterre d’élus domiens en ce jour de février 2019. 

« Même si j’étais passé à 2 heures du matin, j’ai posé un certain nombre de questions et la réponse du président de la République était sans appel : « vous m’apportez un certain nombre d’éléments, faites des propositions et nous vous suivrons ! » », avait encouragé Emmanuel Macron, pas opposé à l’idée d’offrir plus de latitude aux élus ultra-marins dans leurs initiatives locales.

L’allocution de Sébastien Lecornu vendredi soir ouvrant la porte à un débat sur l’autonomie de la Guadeloupe ne doit pas, selon Bachil Valy, être vécue comme une crainte mais plutôt comme une opportunité.

« Répondre à nos réalités réunionnaises tout en étant solidement attaché à la France »

« Si le ministre l’évoque c’est que déjà, quelque part, les Antilles ont toujours réclamé une certaine forme d’autonomie. Mais nous savons qu’en ce qui concerne les Réunionnais, on est très attachés à la mère patrie. La décentralisation d’il y a 40 ans n’est plus la même aujourd’hui. Il faut avancer différemment parce que l’Europe c’est l’hémisphère nord. On sait très bien que la réalité de l’hémisphère nord est différente de la réalité de l’hémisphère sud. Je vous donne deux exemples : concernant la CDPENAF*, il faut un avis conforme ici et un avis simple suffit dans l’Hexagone, vous trouvez ça normal ? Concrètement, en métropole il ne s’agit que d’un avis consultatif contrairement à La Réunion. Cela a pour conséquence de bloquer, ici, les acteurs dans le domaine de l’agro-tourisme », évoque-t-il en connaissance de cause en tant que maire d’une commune à fort potentiel touristique.

« Autre exemple, à La Réunion, on a les mêmes normes de construction que celles décidées dans l’Hexagone. Regardez l’immeuble Flacourt à Sainte-Marie, c’est l’exemple même de l’application de ces règles qui ne correspondent pas à nos situations insulaires. Il est impératif que l’on crée nos propres règles pour répondre à nos réalités réunionnaises tout en étant solidement attaché à la France. Quelque part, il faut nous donner les moyens, dans cette nouvelle forme de décentralisation réunionnaise – je l’appelle la ‘décentralisation réunionnaise’ – de prendre nos responsabilités. C’est ça qui fait la diversité de la France, avec des territoires différents. Ça ne peut que nous conforter dans nos choix de dire que : si les Antilles veulent un modèle politique différent, forcément la réponse peut être différente chez eux », conclut le référent La République en Marche à La Réunion.

*La commission de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers

 

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