Arrêts maladie : l’État veut repousser l’indemnisation au 8e jour, patrons et syndicats vent debout

Le gouvernement propose de faire débuter l’indemnisation des arrêts maladie par l’Assurance maladie à partir du huitième jour, contre le quatrième aujourd’hui. Les employeurs supporteraient alors une plus grande part de la charge. Une réforme qui crispe tous les partenaires sociaux.
Dans sa volonté de redresser les finances publiques, le gouvernement veut modifier en profondeur les règles d’indemnisation des arrêts de travail. Selon un document transmis aux partenaires sociaux, l’Assurance maladie n’interviendrait plus qu’à partir du huitième jour d’arrêt, contre le quatrième actuellement. Le premier jour deviendrait un « jour de carence d’ordre public », non indemnisé, ni par la Sécurité sociale ni par l’employeur. Les deuxième et troisième jours resteraient à la discrétion des conventions collectives.
Mais la principale nouveauté réside dans le fait que les jours 4 à 7 seraient pris en charge par l’entreprise, y compris dans les secteurs où ce n’est pas la pratique actuelle. L’objectif affiché est de freiner l’augmentation du nombre d’arrêts courts et de responsabiliser davantage les employeurs… au risque de transférer sur eux une partie du coût.
Cette orientation ne fait pas consensus. Les syndicats dénoncent une mesure injuste, estimant qu’elle pénalise les salariés malades sans pour autant limiter les abus. Du côté du patronat, la grogne est également palpable : les organisations estiment que cette réforme revient à alourdir leurs charges en pleine période de fragilité économique.
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Alors que le gouvernement cherche à dégager près de 44 milliards d’euros d’économies d’ici 2026, cette réforme s’inscrit dans un ensemble plus large de mesures contestées, dont la suppression de jours fériés et le gel de certaines prestations sociales. Pour l’heure, rien n’est tranché, mais les tensions sociales, elles, sont bien réelles.


