ARAST : l’intervention de l’Etat est un devoir républicain
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En effet, au-delà de la seule question de savoir qui est responsable de quoi, l’Etat ne peut rester insensible devant un problème d’un tel niveau. Il doit intervenir, non pas pour dire à qui incombe telle ou telle faute et mener une chasse aux sorcières, jouer au Père fouettard. Mais, il doit venir pour aider à la recherche d’une solution. Dans le cas précis de l’ARAST, il y a au moins une première question sur laquelle l’avis de l’Etat est déterminant : qui doit indemniser les ex-salariés de l’ARAST ?
Mais, il lui faut aller bien loin.
Le licenciement de 1.200 personnes dans le contexte réunionnais est un drame social qui ne peut laisser l’Etat indifférent. Or, pour des cas de moindre ampleur on l’a vu agir à son plus haut, en l’occurrence celui du Président de la République,
Deux exemples.
En février 2008, 600 des 1.000 employés de l’usine Acelor-Métal de Gandrange étaient menacés de licenciements. Nicolas Sarkozy se rendait sur le site pour assurer les travailleurs que l’Etat investirait et trouverait un nouveau repreneur pour assurer la pérennité du site
En octobre 2008, 2.000 des 3.700 ouvriers de l’usine Renault de Sandouville étaient menacés d’un plan social. Se rendant sur place, Nicolas Sarkozy annonçait le lancement de la construction d’un nouveau modèle de voiture pour assurer la pérennité du site.
Ce n’est pas exactement ce qui est demandé à l’Etat dans le dossier de l’ARAST. On attend de sa part qu’il contribue à dire le droit et qu’il contribue à la recherche de solutions. C’est en ce sens que la solidarité nationale doit jouer. On ne lui fait pas un procès en responsabilité et on n’appelle pas nécessairement à son portefeuille.
C’est un état d’esprit malsain que celui consistant à dire : nos élus ont fait des erreurs, qu’ils payent les pots cassés. Au final ce sont les réunionnais qui paieront le prix fort. Vouloir tout renvoyer sur les seuls réunionnais, refuser par avance la solidarité nationale parce que nous voulons assumer nos propres responsabilités, c’est être masochiste. In fine, c’est dire que nous n’appartenons pas à la République et que nous nous débrouillerons avec nos propres moyens pour nos problèmes.
Le "pouvoir" organise un partage de compétences et -par voie de conséquence- de responsabilité entre Etat, collectivités et citoyens. Demandons l’application de cette règle républicaine invitant chacun à assumer ses compétences et ses responsabilités
Marc Salmon


