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Après le rassemblement du 26 mai : Où en sommes-nous ?

Ecrit par zinfos974 – le lundi 28 mai 2018 à 17H55

Après plus d’un mois de grève, on observe toujours un équilibre du rapport des forces entre le gouvernement et les syndicats, pas seulement à propos du conflit majeur qu’est celui de la SNCF, mais aussi ceux concernant les trois fonctions publiques (État, hospitalière et territoriale), Air France, les EHPAD, les chômeurs, les étudiants, EDF… 

Le gouvernement, malgré la multiplication des offensives qu’il développe ; malgré la mobilisation hystérique des grands médias ; n’est pas parvenu à diviser radicalement et massivement la société entre ceux qui sont pour la grève à la SNCF et ceux qui sont contre.
 Les syndicats de leur côté, ne sont pas encore parvenus, contrairement au mouvement de 1995, à faire franchement basculer l’opinion publique en leur faveur. 

Les météorologues disent que lorsque deux systèmes météo sont en équilibre le battement d’aile d’un papillon peut déclancher un cyclone … 

Il faut donc que quelque chose se passe, pour faire basculer le rapport de force en faveur de toutes les victimes du néolibéralisme. 
Comment y parvenir ? Plusieurs pistes doivent être envisagées : 

-Dénoncer l’illégitimité du programme de Macron. Comprenons bien que c’est seulement lors du premier tour de l’élection présidentielle que les candidats défendent leur programme. Les citoyens qui votent pour eux, votent par conséquent pour leur programme. Quel a été le soutien au programme de M. Macron ? Il a été de 8,7 millions d’électeurs sur 47,6 millions d’inscrits, soit 18,19 %. Nous sommes très loin d’un choix majoritaire. Le programme de M. Macron ne bénéficie que d’un faible soutien dans la population. La légitimité n’est donc pas du côté de M. Macron qui veut appliquer un programme très minoritaire ; mais du côté des 80 % qui n’ont pas voté pour ce programme et qui n’en veulent pas…

- Ne pas alimenter le piège des médias. Ne donnons pas au pouvoir des bâtons pour nous faire battre ! La tactique de M. Macron est parfaitement lisible et connue. Il cible « deux extrêmes » opposés qu’il fait apparaître comme des épouvantails (ce n’est parfois pas très difficile…) : Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Le Président, se plaçant au centre, peut alors apparaître comme le point fixe, la référence et l’incarnation paisible des institutions. Il personnalise sur eux…

-  Élargir la mobilisation à toutes les victimes du néolibéralisme et éviter que ce rassemblement apparaisse comme une récupération du mouvement par la gauche et l’extrême gauche… En effet toutes les catégories sociales affectées par les politiques néolibérales ont de bons motifs pour entrer en lutte. Toutefois, un raisonnement obsolète pourrait conduire certains à considérer que ces catégories, victimes du néolibéralisme, traduisent leur mécontentement par un soutien, y compris électoral, à la gauche. Et qu’il faut donc s’adresser aux seuls électeurs de gauche. Ce serait une erreur fatale. Des millions de citoyens, appartenant aux classes populaires, ont fui la gauche depuis bien longtemps. Et à juste titre puisque la gauche au pouvoir a pratiqué le néolibéralisme comme la droite. Ces citoyens se retrouvent principalement dans l’abstention et aussi dans le vote FN. Evidemment d’autres pistes sont à explorer (… )
Mais pour gagner, il faut faire alliance sur le terrain, dans les luttes, dans les grèves, les manifestations, avec ceux qui ne sont pas forcement dans l’électorat de la France Insoumise, de Benoît Hamon, du PS, des Verts, du PCF, de l’extrême gauche… 

Le refus, par la CGT et le NPA, d’accepter la signature du Parti de la démondialisation à l’appel du 26 mai, est un très mauvais signal. Faut-il, pour participer aux manifestations, se réclamer exclusivement de la « gauche » ? Faut-il obligatoirement être favorable au maintien de la France dans l’euro et l’Union européenne ? Faut-il être contre la souveraineté de la France comme semble le dire la réponse de la CGT au Pardem ? Est-il totalement incompatible d’être à la fois favorable à l’indépendance de la France et de soutenir les salariés de la SNCF, d’Air France, etc. ? D’ailleurs, à la SNCF ou à Air France, faut-il être obligatoirement « de gauche » et favorable à l’Union européenne pour être admis à faire grève ?

Qui veut faire de nous les bons toutous obéissant aux directives Européennes inspirées par les lobbyistes des plus grandes entreprises mondiales ? Serons nous demain les bons sujets dociles aux verdicts du capitalisme financier mondialisé, puisque parler de souveraineté populaire ou souveraineté nationale devient un gros mot…

 

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