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Après le clash de Maputo-2 : Quel profil pour le Premier ministre de la nouvelle transition malgache

Malgré le clash entre les "4 mouvances", le Sommet de Maputo-2 aura néanmoins permis de tracer les grandes lignes de partage du pouvoir et de réunir les ingrédients pour une sortie de crise malgache "ady gasy à la sauce mozambicaine", à condition que les acteurs concernés prennent leurs responsabilités...
Ecrit par zinfos974 – le mardi 1 septembre 2009 à 16H16

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POINT DE VUE INSURRECTIONNEL

Pour la mouvance Andry Rajoelina, le choix du Président de la Transition et du Premier Ministre de consensus ne souffre d'aucune discussion car "Andry Rajoelina et Monja Roindrefo représentent aujourd'hui la légitimité et la souveraineté populaire", "ils ont été choisis par le peuple et il est impensable d'ignorer l'aspiration du peuple", d'après des porte-parole de la mouvance.

Suivant cette vision unilatérale -caractéristique du mouvement de masse insurrectionnel- le choix populaire ne demande qu'à être confirmé à travers des meetings orchestrés par les "Forces de Changement" si possible avant le 04 Septembre  2009, date convenue avec l'Equipe Conjointe de Médiation présidée par Joachim Chissano pour confirmer la liste des premiers responsables de la nouvelle transition malgache.

"CONSENSUS BUILDING"

L'évolution de la crise malgache suscite les commentaires d'analystes étrangers comme Richard  Marcus (Director of International Studies Programme at California State University) qui estime que "les élections seront importantes en raison de la "construction de consensus" qu'elles apportent (en anglais= "Elections will be important because of the consensus building they bring", à lire sur <m.irinnews.org/ 85706.htm>: "Hurdles in the way of Madagascar's new deal").

Joachim Chissano exporime le même message en rappelant que "la transition n'est pas l'objectif": autrement dit, nul besoin de brûler les étapes en imposant le "ticket" Andry Rajoelina-Monja Roindrefo, au risque d'annuler les signatures des accords de Maputo-1 et de retarder la reconnaissance de la transition par la communauté internationale.

JOUER AVEC LE FEU

Les "Forces de Changement" jouent avec le feu en revendiquant un "retour à zéro du statut quo avant Maputo", attitude qui n'est pas sans rappeler l'intransigeance en 1991 des Forces Vives Rasalama (dont bon nombre de leaders aujourd'hui grisonnants se retrouvent sur les bancs des "Forces de Changement") initiatrices de la Marche de la Liberté vers le Palais d'Iavoloha, à l'origine du carnage du 10 Août 1991.

En leader responsable, Andry Rajoelina a opté à Maputo-2 pour une position d'attente -"pour consulter sa base"- afin de ménager les susceptibilités de ses alliés sur le terrain. D'après les observateurs politiques locaux, Andry Rajoelina veut surtout éviter les réactions intempestives des militaires, qui détiennent en fait les clés d'une transition de plus en plus menacée par les rivalités entre "civils" gravitant autour de la mouvance Rajoelina.

UN PREMIER MINISTRE D'ACTION ?

Dans ce contexte, la solution "à la malgache" la plus rapide et adaptée à la situation explosive actuelle a en fait déjà été donnée avant le départ du tandem Rajoelina- Monja pour Maputo: il s'agit de la nomination au poste de Premier Ministre par intérim du Colonel Noël Rakotonandrasana (ayant joué un rôle décisif dans le ralliement des forces armées au mouvement de masse, avant d'être nommé Ministre des Forces Armées du gouvernement de transition).

En exception à la logique arithmétique de Maputo -appliquée à la lettre dans le cas zimbabwéen, dont on connaît les problèmes de cohabitation actuels- la confirmation du chef de file des "hommes en treillis" dans la fonction de "Premier Ministre d'action" permettrait de restaurer et assurer l'ordre public jusqu'aux élections de 2010.

Avant le clash des discussions du 28 Août 2009, le médiateur de l'UA Ablessé Ouedraogo avait clairement indiqué que "si Monja Roindrefo accepte de libérer la Primature pour prendre un autre poste [...] alors tout le package est accepté avec Rajoelina à la tête de la Présidence de la Transition": dans ce cas, qui donc parmi les "Forces de Changement" a intérêt à mettre les bâtons dans les roues du "TGV" d'Andry Rajoelina...?

A lire également sur zinfos974.com:
· "Madagascar 2009: Pas d'état de grâce pour la transition malgache!" ((08 Avril 09)
· "Nouvelle médiation internationale après les Assises régionales malgaches" (07 Juillet 09)
· "Entre pouvoir traditionnel et Françafrique: quelle sortie de crise "à la malgache" après Maputo?" (04 Août 09)
· "Maputo-2: un sommet à haut risque pour la transition malgache" (18 Août  2009)

1er Septembre  2009                
AdyGasy-SystemD

 

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