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Année à haut risque pour les pétrels de Barau : les nuits sans lumière, ça commence aujourd'hui

Ecrit par P.M. – le vendredi 3 avril 2026 à 10H28
Oiseau marin endémique de la Réunion, le Pétrel de Barau est menacé d'extinction (photo SEOR).

La campagne « Nuits sans lumière » débute aujourd'hui. Pendant un mois, jusqu’au 3 mai, collectivités, entreprises, associations et particuliers sont appelés à réduire au maximum leurs éclairages extérieurs afin de limiter l’échouage des jeunes pétrels de Barau. Cette année, la période s’annonce particulièrement sensible avec jusqu’à 1 200 échouages attendus, selon les projections de la SEOR.

Chaque année, au mois d’avril, les jeunes pétrels quittent leur nid, situé dans les hauteurs du massif du Piton des Neiges, pour rejoindre l’océan. Ce premier envol a lieu de nuit, mais les oiseaux sont fortement perturbés par les éclairages artificiels, qui les désorientent et les attirent vers les zones urbanisées. Échoués au sol, ils ne peuvent plus redécoller et sont condamnés s’ils ne sont pas secourus.

Une année particulièrement à risque

En 2026, la nouvelle lune coïncide avec le pic d’envol des jeunes pétrels, ce qui augmente fortement le risque d’échouage. Privés de la lumière naturelle de la lune pour s’orienter vers la mer, les oiseaux sont davantage attirés par les éclairages artificiels. Les projections  de la SEOR (société d'études ornithologiques de La Réunion) estiment que 880 à 1 200 pétrels pourraient être retrouvés échoués entre le 3 avril et le 3 mai, un chiffre qui pourrait être dépassé en cas de mauvaises conditions météorologiques ou de réduction insuffisante des éclairages, comme cela avait été le cas en 2024.

La période la plus critique se situe entre le 9 et le 28 avril. Ces 19 nuits concentrent à elles seules 92 % des échouages attendus. Le risque est particulièrement élevé en début de nuit, entre 18h30 et minuit, moment où les jeunes pétrels prennent leur envol. Le calendrier présenté par la SEOR pointe un pic d’échouages autour de la mi-avril, correspondant au pic d’envol des jeunes oiseaux.

Réduire les éclairages dès la tombée de la nuit

Face à ce risque, la SEOR appelle à une mobilisation générale. Les gestionnaires d’éclairages publics, privés et sportifs sont invités à mettre en place un maximum d’extinctions ou de réductions d’éclairage pendant toute la durée de la campagne. Une attention particulière est portée aux éclairages sportifs, qui doivent être éteints dès la tombée de la nuit, avec un décalage des activités en journée lorsque cela est possible. De manière générale, les extinctions sont recommandées entre 18h30 et minuit, période durant laquelle le risque d’échouage est maximal.

Deux niveaux de vigilance sont définis : les périodes « rouges », en début et en fin de période d’envol, durant lesquelles il convient de limiter au maximum les éclairages extérieurs, et la période « noire », du 9 au 28 avril, durant laquelle les efforts doivent être maximaux, avec notamment l’extinction des éclairages sportifs et l’absence d’événements nocturnes nécessitant des éclairages.

Que faire si vous trouvez un pétrel échoué ?

Si un pétrel est retrouvé au sol, il doit être récupéré immédiatement, placé dans un carton fermé, sans eau ni nourriture, puis signalé à la SEOR. L’oiseau sera ensuite pris en charge par le réseau de sauvetage. Sans intervention rapide, il n’a aucune chance de survie. Chaque année, plusieurs centaines de bénévoles participent à ces opérations de sauvetage, coordonnées à l’échelle de l’île par l’association.

La mobilisation s’inscrit dans un programme européen plus large, le projet Life OVERSEAS, lancé en 2026 pour renforcer la protection des oiseaux marins menacés dans plusieurs territoires ultramarins.

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