André Thien Ah Koon : “J'ai le sentiment d'être un genre de guerrier”

Ses aspirations ne se limitent aujourd'hui quasiment plus qu'aux frontières de sa commune et de son intercommunalité mais André thien Ah Koon, cumulant un mandat de conseiller départemental, a été député durant 20 ans mais aussi conseiller régional. “Je n'ai pas cette ambition démesurée. Monsieur le Premier ministre Michel Rocard m'avait proposé d'être ministre ; Monsieur Jacques Chirac président de la République m'avait proposé d'être ministre, j'avais refusé. Pourquoi ? Parce j'avais choisi une carrière longue. Je voulais me mettre au service de la population de la commune”, explique-t-il. “Il fallait que demain ça aille mieux. Et nous sommes partis de très loin. Une population qui a marché sans chaussures, qui n'avait pas d'eau courante, qui n'avait pas d'électricité, qui n'avait pas d'eau à boire et qui aujourd'hui fait de l'irrigation dans les exploitations agricoles”, fait-t-il défiler sur sa frise chronologique.
“Beaucoup de choses ont changé chez nous et ce n'est pas le fruit d'un hasard. Il y a des gens qui ont accepté de travailler à mes cotés, qui se sont sacrifiés, qui ont reçu des coups, qui ont transpiré, mais les résultats sont là. C'est ça notre satisfaction”, confirme-t-il, opiniâtre.
Poids lourd de la vie politique réunionnaise, qu'il a participé à construire et dans laquelle il évolue depuis 55 ans, André Thien Ah Koon assume ses choix et prodigue ses leçons. “ Dans la vie, il faut que ce soit les autres qui disent si vous avez bien travaillé et pas vous-même. Quand les autres disent que vous avez bien travaillé, c'est parce que vous le méritez et c'est cela la récompense”.
Le secret de sa longévité aux manettes de la ville réside sans doute dans la proximité qu'il entretient avec la population. Des pas de danse, des refrains entonnés sur un tube de PLL, sa présence aux plus près des dégâts lors d'intempéries, vêtu d'une devenue légendaire veste de pluie... ”J'ai le sentiment d'être un genre de guerrier. Quand il y a un danger, je suis là. Je ne parle pas et n'intervient pas à tout bout de champ mais quand il y a danger, il faut que le responsable soit là et qu'il soit sur le terrain et qu'il assume sa responsabilité. On ne fait pas maire pour l'honneur, on est maire pour se sacrifier pour les autres”.
Avec une certaine autodérision ? “Oui et non”, avoue André Thien Ah Koon. “Parce que je me sens comme un citoyen du monde. Je suis né comme je suis et je suis resté comme j'étais”, conclut le maire du Tampon jamais avare de bons mots.
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