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Alexandre Laï Kane Cheong: « La Cinor ne doit plus être ce comptoir de communes où chacun se rince »

Après avoir annoncé ce mardi sa candidature à la présidence de la Cinor, le secrétaire général du Parti Croire et Oser, Alek Laï Kane Cheong, est revenu longuement dans un entretien sur les enjeux qui pèsent sur l'intercommunalité. L'élu d'opposition de Sainte-Suzanne plaide notamment non pas pour une présidence tournante, qu'il qualifie de "comptoir d'enregistrement des caprices tournants des maires", mais pour une "réelle" gouvernance partagée entre les communes de Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne. "Ce n'est pas le mandat qui nous intéresse: nous voulons une gouvernance qui puisse dérouler un projet sur six ans avec la mise en place d'un centre de mise en oeuvre des projets qui fera un point d'étape tous les 18 mois. Ou nous siégerons sur cette gouvernance vendredi ou nous serons simples conseillers communautaires, ce n'est pas un problème pour nous", clame le leader du PCO.

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 08 juillet 2020 à 11H56

Alek, vous avez déclaré officiellement votre candidature ce mardi à la présidence de la Cinor. Quelles sont les raisons qui vont ont poussé à briguer la tête de l’intercommunalité ?

Nous avons fait campagne pendant près de 7 mois en étant clairs sur le fait que nous étions contre une présidence tournante. Revenir à ce mode de gouvernance, c’est-à-dire une fois Saint-Denis, Sainte-Marie ou Sainte-Suzanne tout au long de la mandature c’est l’incapacité à gouverner d’un point de vue des projets. Ou bat’ le zié, la fin’ tourne la table, ou la pa gayn le temps envoy le projet et lé foutu. Ça c’est la tournante. À la gouvernance partagée que nous prônons, nous souhaitons rajouter l’équilibre. Nous pensons qu’à l’heure actuelle, les deux blocs en présence n’arrivent pas à dégager une majorité d’où les tractations bizarres que nous voyons en ce moment. Pour pouvoir faire l’équilibre, ce n’est pas au niveau de la tête de la Cinor qu’il faudrait établir une présidence tournante, celle-ci resterait fixe. L’important c’est d’avoir des thématiques fortes en commissions: gouvernance partagée et équilibrée avec une répartition de 17 vice-présidences entre les majorités et les oppositions des trois communes, voilà notre ambition pour l’interco.

Quelle est cette « troisième voie » que vous prônez à Sainte-Suzanne ou à la Cinor ?

C’est une métaphore pour dire que nous n’avons pas à nous prononcer à l’heure actuelle pour un camp ou l’autre. L’important pour nous c’est de gouverner de façon stable pour les projets, par domoun et pou domoun. Actuellement pour pas mal de monde, l’intercommunalité est un concept creux, mais c’est quand même la gestion de l’eau, des déplacements, des déchets, c’est l’énergie, l’aménagement du foncier et j’en passe. Avec la mise en place demain d’une gouvernance partagée et équilibrée par et pour le peuple pour les projets, c’est aussi faire entrer le citoyen dans l’intercommunalité pour qu’il puisse participer aux politiques publiques.

N’avez-vous pas peur, avec votre candidature, de rouler directement ou indirectement pour l’un des deux blocs que vous dénoncez ? J’imagine que vous êtes très courtisé actuellement…

Avec mon équipe, nous sommes candidats à la présidence de la Cinor avec une équipe de 17 vice-présidents, 18 avec le président qui a aussi une délégation, pour conduire un projet qui prend en compte la programmation pluriannuelle d’investissement, mais de façon intercommunale. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui: il n’y a pas une consolidation étriquée entre les PPI des communes et le PPI intercommunal. Pour être clair: ce n’est pas le mandat qui nous intéresse Si y poz anou la kestion: est-ce que le camp untel va propoz a ou un poste de président ou de vice-président ? Ce n’est pas le mandat qui nous intéresse: nous voulons une présidence et une gouvernance qui puisse dérouler un projet sur six ans avec un point d’étape tous les 18 mois pour faire face aux éventuels blocages administratifs rencontrés habituellement. Ou nous siégerons dans cette gouvernance vendredi ou nous serons simples conseillers communautaires, ce n’est pas un problème pour nous.

Cela fait des années que l’on parle de la mainmise de Saint-Denis sur les affaires de la Cinor. Le chef-lieu doit-il mieux partager le gâteau ?

Chacun a son avis sur cette question. Sur la recette fiscale, la commune de Saint-Denis apporte 70% et que sur l’équilibre démographique, elle possède 150 000 habitants, Sainte-Marie 33 000 et Sainte-Suzanne 23 000. C’est normal, entre guillemets, que Saint-Denis récupère la mise. C’est une façon de voir les choses et nous ne blâmons personne. Sauf que si nous prenons le cas de la commune de Sainte-Suzanne, cette dernière accuse des retards structurels les plus énormes depuis peut-être ces 20 dernières années. Nous pensons qu’on ne fait pas de la politique comme on gère un capital financier, même s’il reste un indicateur. Il faut aller vers plus de solidarité territoriale. L’essentiel pour nous ce n’est pas de tirer à boulets rouges sur les projets, mais plutôt de voir les points de perspectives pour arriver à l’émancipation du territoire. La Cinor ne doit plus être ce comptoir de communes où chacun se rince. Il n’y a qu’à voir les investissements faits ces dernières années: la Cité des arts d’un coût de 20 millions d’euros et qui perd 1,5 million d’euros par an, le stade en eaux vives qui fait entre 12 et 18 millions d’euros d’investissements pour près de 800 000 euros de déficit annuel, pareil pour Aquanor et demain pour les téléphériques dionysiens où près de 100 millions d’euros vont être investis…La Cinor perd actuellement 10 millions d’euros par an, combien allons-nous encore perdre ?

 

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