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Alain T., prof d'aïkido jugé pour viol : consentement ou non ? Les deux camps opposent leurs versions

Ecrit par Lucas Candessoussens – le mercredi 24 septembre 2025 à 19H19

Ce mercredi 24 septembre s'ouvre en appel le procès d'Alain T., professeur d'aïkido à Petite-Île. Il est soupçonné d'avoir violé l'un de ses élèves. Les avocats s'affrontent sur la question du consentement de la victime, seize ans à l'époque des faits, et sur la culpabilité d'Alain T., sexagénaire.

Dans la salle des pas perdus, c'est un ballet de témoins qui ont foulé le sol pour rejoindre la salle d'audience. Claquemuré derrière les épaisses portes grises signalant que le procès est à huis clos, c'est un procès lourd qui s'est ouvert ce mercredi.

Le box des accusés accueille cette semaine Alain T., la soixantaine. Il lui est reproché d'avoir abusé de son élève lorsque ce dernier pratiquait avec lui l'aïkido.

Lire aussi : Procès en appel : un maître d’aïkido accusé d’avoir abusé de son élève mineur

Après un premier procès aboutissant à la condamnation à 12 ans de réclusion criminelle d'Alain T. en 2024, voilà que le procès est rejoué à Saint-Denis, en présence cette fois-ci de jurés populaires.

Bis repetita

Entourée de sa famille, la victime, Henry*, a fait son entrée au tribunal. Un jeune homme discret, "très affecté" par ce procès selon son conseil. À nouveau, il doit livrer son récit à la barre du tribunal. "C'est un vrai calvaire pour eux de venir s'expliquer à nouveau sur des faits qui remontent à plus de trois ans et pour lesquels l'accusé nie", détaille Maître Guillaume Darrioumerle, défendant les intérêts d'Henry et de ses parents.

"Bis repetita. Les mêmes témoins disent les mêmes choses sur le contexte : celui d'une autorité qui abuse de son rang face à des enfants", narre l'avocat au terme d'une première matinée d'audience. Selon lui, par trois fois, comme l'a décrit Henry, le maître en aïkido aurait abusé de lui. "Un jour, il se passe ce qu'il se passe."

Dossier "complexe" selon la défense, qui va plaider la relaxe d'Alain T.

Depuis le début de l'instruction, et lors de son procès en première instance face à la cour criminelle, Alain T. se dit innocent du fait de viol. Le sexagénaire évoque encore à la barre, ce mercredi après-midi, des relations consenties. Ce qu'il ressort de ses aveux aux enquêteurs, c'est sa fascination pour Henry. En témoigne la volée de messages qu'il n'a de cesse de lui envoyer fin 2022, début 2023… plus d'une centaine sur cette période.

"C'est un dossier qui, sur le plan strictement juridique, est complexe. Toute la question, c'est la preuve de ce qui est reproché à notre client qui, bien sûr, clame son innocence", explique Maître Iqbal Akhoun, appuyé par Maître Jean-Jacques Morel, tous deux représentant Alain T.

Pour rappel, Alain T., jugé pour viol, agression sexuelle et harcèlement, encourt jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle. Jeudi 25 septembre, les robes noires vont plaider, le réquisitoire va être prononcé, avant un verdict dans l'après-midi prévu au terme de ces deux jours de procès.

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