Airbags Takata : l’UFC-Que Choisir attaque Stellantis en justice

L’association de consommateurs a engagé une action de groupe contre le constructeur Stellantis, qu’elle accuse d’avoir failli à son obligation de sécurité dans la gestion des rappels d’airbags défectueux. À La Réunion, plusieurs accidents graves ont déjà été recensés, et des milliers de véhicules sont toujours immobilisés.
C’est une première en France : l’UFC-Que Choisir a saisi la justice pour engager une action de groupe contre le groupe automobile Stellantis, auquel appartiennent notamment les marques Citroën, Peugeot, DS ou encore Fiat. En ligne de mire, la gestion jugée « anarchique » des campagnes de rappel liées aux airbags Takata, ces dispositifs de sécurité susceptibles d’exploser au déclenchement et de projeter des éclats métalliques dans l’habitacle. L’association réclame réparation pour les automobilistes, en particulier ceux dont le véhicule est immobilisé depuis plusieurs mois sans solution alternative.
Depuis 2023, près de 1,7 million de véhicules sont visés par une interdiction de circuler en France en raison de ces airbags défectueux. Une mesure renforcée par le gouvernement en juin dernier, après le décès d’une automobiliste à Reims, tuée lorsque son airbag a explosé sans choc préalable. Ces coussins de sécurité, fabriqués par l’équipementier japonais Takata – en faillite depuis 2017 – contiennent du nitrate d’ammonium, un gaz qui se dégrade avec le temps, en particulier dans les climats chauds et humides.
À La Réunion, les rappels concernent quelque 20.000 véhicules, dont au moins 300 Citroën C3 et DS3 soumises à une mesure de « stop drive » depuis le 14 février 2025. Pour les propriétaires, l’attente est longue, et la colère monte face à ce qu’ils dénoncent comme un abandon. Les modèles concernés, produits entre 2008 et 2019, sont particulièrement exposés au risque d’explosion spontanée de l’airbag lors d’une collision mineure, ou même sans accident.
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L’île a déjà été le théâtre de drames liés à ces équipements. En septembre 2021, Emmanuelle Sauger, 39 ans, a trouvé la mort à bord de sa DS3 après l’activation de l’airbag. Plus récemment, en novembre 2022, Pascal Amemoutou a été grièvement blessé au visage dans des circonstances similaires alors qu’il conduisait une Citroën C3. L’airbag, au lieu de le protéger, a explosé comme une grenade, lui fracturant la mâchoire.
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Dans son action en justice, l’UFC-Que Choisir pointe une « incurie » de Stellantis dans la mise en œuvre des rappels, et réclame des indemnités journalières pour chaque jour d’immobilisation, ainsi qu’une réparation du préjudice moral subi par les usagers. Selon l’association, les constructeurs doivent assumer leur part de responsabilité dans ce scandale mondial, responsable d’au moins 60 décès dans 11 pays au cours des quinze dernières années.
Alors qu’aux États-Unis les victimes ont déjà obtenu plus d’un milliard et demi de dollars de dédommagements de la part des constructeurs, les automobilistes français, et réunionnais en particulier, attendent toujours un geste. Pour eux, cette action de groupe est peut-être la première étape vers la reconnaissance de leur préjudice.


