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Airbags Takata : la demande de commission d’enquête rejetée, Karine Lebon dénonce un déni de justice

Ecrit par J.D – le mardi 1 avril 2025 à 18H41

Malgré les 17 décès liés à des airbags défectueux, dont 16 dans les Outre-mer, la proposition de commission d’enquête parlementaire portée, notamment par la députée Karine Lebon, a été écartée ce mardi en conférence des présidents. La députée de La Réunion déplore un manque de courage politique.

Déposée le 10 mars dernier à l’Assemblée nationale, la proposition de résolution visant à créer une commission d’enquête sur les airbags défectueux de la marque Takata n’aura pas franchi l’étape de la conférence des présidents. Réunie ce mardi matin à huis clos, cette instance, chargée de fixer l’ordre du jour des prochaines séances, a refusé d’inscrire la demande de commission portée par plusieurs députés, dont Karine Lebon, qui souhaitaient faire la lumière sur un scandale industriel d’ampleur mondiale ayant déjà causé la mort de 17 personnes en France, dont 16 dans les Outre-mer.

« Malgré toute l’énergie déployée, malgré nos échanges avec le ministre des Transports et le travail conjoint avec les victimes et leurs représentants, certains parlementaires sont restés sur leur position », regrette l’élue réunionnaise. À l’origine de la proposition, plusieurs députés dénonçaient un scandale trop longtemps minimisé : celui des airbags Takata, conçus avec un propulseur chimique instable pouvant exploser sans choc et transformer l’habitacle en piège mortel. Si les États-Unis ou la Corée du Sud ont imposé des rappels obligatoires à l’ensemble des constructeurs, la France a laissé aux marques la responsabilité de gérer seules les rappels, avec des résultats jugés « disparates, opaques et inégalitaires », surtout dans les territoires ultramarins.

« Connaissance depuis des années d’un risque mortel »

La résolution défendait la création d’une commission composée de trente membres pour analyser les responsabilités des constructeurs et concessionnaires, interroger l’inaction des pouvoirs publics et proposer des mesures concrètes afin d’éviter de nouvelles tragédies. Elle s’appuyait notamment sur les données inquiétantes d’une récente : au moins 500.000 véhicules équipés d’airbags Takata circuleraient encore en France, dont 100.000 dans les Outre-mer.

« Ce scandale industriel va bien au-delà d’un simple défaut technique. Nous parlons d’une véritable mise en danger des automobilistes par les industriels qui avaient connaissance depuis des années d’un risque mortel », insiste Karine Lebon. L’élue se dit d’autant plus amère que la majorité présidentielle semblait jusqu’au bout prête à soutenir la démarche. « Jusqu’à la dernière minute, nous avons cru obtenir leur soutien. Force est de constater que 17 décès ne sont malheureusement pas suffisants pour que certains prennent leur responsabilité », lâche-t-elle.

Lire aussi : Airbags tueurs : des drames et un scandale d’État à La Réunion

Bien que la commission ait été retoquée, Karine Lebon affirme que le combat continue : « Nous devons poursuivre notre lutte pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Nous nous tiendrons toujours du côté des victimes et de leurs familles. Leur combat n’est pas terminé. »

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