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Agression sexuelle : 12 mois ferme requis à l'encontre du pompier saint-paulois

Un sapeur-pompier volontaire comparaissait ce vendredi pour des faits d'agression sexuelle devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis. Dix-huit mois de prison dont six avec sursis ainsi que la révocation d'un précédent sursis ont été requis à son encontre.
Ecrit par Régis Labrousse – le vendredi 31 mars 2023 à 15H24

Le 14 février dernier, alors qu’elle était transportée dans un véhicule de secours et d'assistance à victime (VSAV) vers le centre hospitalier de l'Ouest suite à une demande de secours, une femme affirme avoir subi des attouchements par un pompier. Suite au témoignage de la victime, l'agresseur avait été interpellé le soir même puis placé en garde à vue.

Le pompier volontaire, qui exerce à la caserne de Saint-Paul, était en intervention sous l'empire d'un état alcoolique. Déjà suspendu pour des faits similaires, il est accusé cette fois d'avoir fait subir des attouchements à la victime. 

Les faits se seraient produits pendant les transferts d'une patiente vers le CHOR aux alentours de 17 heures le 14 février dernier. La victime, arrivée en pleurs, avait indiqué avoir subi des attouchements par le prévenu. Alors que lorsqu'une victime féminine se trouve dans un véhicule de secours, les pompiers ont l'obligation d'être deux, le quadragénaire se serait débrouillé pour se retrouver seul avec la patiente. Le mis en cause était à 1,4 gr/l à son arrivée à la gendarmerie.

"C'était la Saint-Valentin"

Interrogé ce vendredi sur les faits reprochés, à savoir un baiser et un attouchement sur le sein, le sapeur-pompier déclare : "On aurait dit qu'on avait une complicité, que ça faisait 10 ans qu’on se connaissait. On a fait un petit bisou. On aurait dit qu’il y avait quelque chose de possible entre nous, c’était la Saint-Valentin". Le prévenu affirme qu’il n’était pas seul avec la victime, ce que confirment les deux autres pompiers présents au moment des faits. De son côté, la victime a toujours soutenu qu’elle était seule avec lui à l'arrière, comme le confirme son ex compagnon.

S'il a concédé lors de ses auditions avoir bu, le mis en cause revient aujourd'hui sur ses déclarations. "Le matin, j’avais mal aux dents mais je n’avais pas d’alcool".  L'individu, qui a 8 mois de sursis probatoire au-dessus de la tête pour menaces de mort sur son ex compagne, est toutefois sous suivi pour l’alcool, lui fait remarquer le président.

Questionné au sujet du baiser, le prévenu raconte avoir évoqué la Saint-Valentin comme prétexte pour lui faire "un bisou". "Elle m'a demandé si j’avais le Covid, si j’étais vacciné et elle m’a dit oui", affirme-t-il. Une version bien différente de celle de la victime, qui indique qu'elle a dit non mais que le pompier l'a embrassée une première fois avec la langue avant de tenter de recommencer, mais qu'elle a tourné la tête. 

"J'ai déposé plainte pour les autres"

Pour ce qui est de l'attouchement, le prévenu justifie le geste comme étant lié à l'intervention. "On a été appelé pour une douleur thoracique. J’ai touché le dessus de la poitrine mais je n'ai pas touché le sein". Et de conclure : "Je plaide non coupable".

"Je n'ai rien à indiquer de plus car il continue à mentir", déclare pour sa part la victime. "J’ai déposé plainte pour les autres personnes, je n'ai pas pensé à moi à ce moment-là, c’est pour qu’il ne fasse pas de mal aux autres. Ça fait mal qu’il continue à mentir".

L'expertise psychologique conclut à une vulnérabilité psychique en lien avec des carences psycho-affectives en lien avec la violence, des difficultés à reconnaître et gérer ses émotions et une dépendance à l'alcool. Pompier volontaire depuis 2002, le pompier a trois mentions au casier, pour menaces de mort réitérées et pour conduite sous l'empire d'un état alcoolique. 

Le SDIS, qui s'est constitué partie civile, demande un euro symbolique. "Le SDIS ne cautionne pas ces agissements qui déshonorent l’uniforme. C’est un sapeur-pompier volontaire et de ce fait, le SDIS ne savait qu’il avait un casier."

"Les faits sont graves"

"Aujourd’hui, nous ne sommes pas dans un dossier où il s’agit d’un simple bisou. Il y a aussi cet autre geste qu’on ne doit pas banaliser. Même si ce n’est pas le grand prédateur sexuel que la terre ait porté, ces faits sont graves (...). C'est un environnement oppressant et il a profité du moment de faiblesse de la victime", tance le procureur qui demande une interdiction d’exercer et une peine de 18 mois dont 6 mois de sursis, avec un mandat de dépôt à délai différé, mais aussi la révocation de son sursis de 3 mois et son inscription au fichier des délinquants sexuels.

Pour la défense, "sur les milliers de femmes qu’il a secourues, il n’y a que cet incident qu’il reconnaît en partie". "Il a certainement eu une attitude inappropriée dans le contexte décrit. C’est un petit smack et on a vu pire dans l’enceinte de ce tribunal. Si personne n’a rien vu c’est parce que ça a été furtif. A-t-il pu comprendre qu’elle n’était pas d’accord ? C’est la question qu’il convient de se poser pénalement", plaide Me Briot, demandant au tribunal "d'entrer en voie de relaxe par manque d’éléments intentionnels".

Le délibéré sera rendu le 21 avril. 

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