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Affaire Extravagance : l'enquête préliminaire accable Bruno Picard, mais pas que...

Ecrit par Lucas Candessoussens – le lundi 9 juin 2025 à 06H02

Information Zinfos974. Lors d'une audience devant la chambre de l'instruction, Bruno Picard a été entendu par la justice à la fin d’avril 2025. L'un de ses avocats avait déposé des nullités pour tenter de faire annuler certains PV dans la procédure. La justice a effectivement fait sauter des procès-verbaux, mais Bruno Picard demeure mis en examen. Entre temps, les éléments de l'enquête se dévoilent.

C'est une audience passée inaperçue à la chambre de l'instruction, le 22 avril dernier, mais qui a permis de révéler des éléments concernant les pratiques de l'Église Extravagance et de son meneur, Bruno Picard. Ce dernier a été entendu par la justice à la demande de l'un de ses avocats. Selon nos informations, l'ancien prédicateur star de l'Église Évangélique Extravagance a tenté de faire annuler une convocation par les enquêteurs, datant du 19 août 2024.

Ce jour-là, le co-fondateur de l'église Extravagance est convoqué à la date du 23 août pour être entendu à la gendarmerie de Saint-Pierre. Il ne se présentera pas et les enquêteurs dressent un procès-verbal de non-comparution.

Ce dernier est aujourd'hui contesté par la défense de Bruno Picard. Selon le code de procédure pénale, les enquêteurs ne peuvent pas interroger sur des faits une personne mise en examen pour ce motif (ici, l'abus de faiblesse, le recel d'abus de faiblesse et l'abus de confiance aggravé). Ainsi, lors de l'audience du 22 avril dernier, l'avocate générale a requis l'annulation de ce PV de non-comparution.

Dans sa décision en date du 20 mai 2025, le magistrat de la chambre d'instruction a confirmé du bout des lèvres l'annulation du PV de non-comparution en déclarant la requête recevable, lequel est donc retiré du dossier "Extravagance".

Une enquête préliminaire accablante

Comme expliqué plus haut, des éléments concernant l'instruction du dossier "Extravagance" ont pu être détaillés, et pourquoi la justice enquête sur le mouvement religieux et son ex-leader.

Avant d'attaquer le cœur du dossier, rappelons que Bruno Picard et l'église qu'il dirigeait, Extravagance, sont dans le giron de la justice depuis 2021. L'ancien prédicateur et son mouvement sont soupçonnés d'abus de faiblesse, recel d'abus de faiblesse et abus de confiance aggravé. L'affaire a éclaté il y a quatre ans, avec un courrier d'un ancien fidèle, Rudy Thazard, révélant le train de vie fastueux de Bruno Picard et de ses proches, ainsi que les soupçons de dérives sectaires.

Lire aussi : Un ex-fidèle d'Extravagance : "J'ai dû donner un million d'euros"

Cette audience permet d'avoir les premiers éléments de l'enquête concernant Extravagance : "L'enquête diligentée révélait que les dirigeants de cette structure intervenaient à chaque instant dans la vie des adeptes, tant au niveau de leur emploi que sur leur vie de couple, dans l'éducation de leurs enfants, et que les adeptes se voyaient interdire certaines pratiques sexuelles ou encore la lecture de journaux d'information."

Sur l'aspect financier, deux éléments semblent ressortir de cette enquête, toujours en cours d'instruction : "Bruno Picard exigeait des membres de la communauté des dons équivalents au moins à 10 % de leurs revenus, cette dîme obligatoire étant présentée comme un acte d'obéissance." Par ailleurs, les membres de l'église devaient déclarer leur patrimoine avant de souscrire.

Une enquêtrice fiscale révèle que des dons des adhérents auraient été défiscalisés "abusivement". Cet argent, devant normalement servir à l'association, aurait "alimenté le train de vie luxueux de Bruno Picard" et de ses proches.

Plusieurs structures secondaires, propriétés de l'Église Extravagance, auraient servi à "blanchir" cet argent. À noter qu'elles ne sont pas implantées qu'à La Réunion, mais aussi à Maurice et dans l'Hexagone.

Pour faire pression sur ses fidèles et les impressionner, Bruno Picard aurait alimenté une base de données non déclarée à la CNIL afin d'y stocker des données privées sur ses adhérents. Ainsi, les adeptes récalcitrants à s'acquitter de la dîme s'exposaient à une vindicte publique du fondateur de l'Église.

Poursuite de l'enquête contre X

En s'intéressant aux éléments présentés lors de cette audience en chambre d'instruction, on peut voir que le parquet de Saint-Pierre a déposé, le 27 août 2024, un réquisitoire supplétif, marquant une étape importante de l'enquête.

Le ministère public enjoint le juge d'instruction de poursuivre l'enquête contre X pour abus de faiblesses aggravés et recel. La prescription est la même que pour Bruno Picard, à savoir du 29 janvier 2015 au 7 juillet 2021.

Derrière ce X, on peut imaginer que des proches de l'entourage de Bruno Picard pourraient être inquiété par la justice. Ces réquisitions permettent d'éclaircir les méthodes présumées d'Extravagance, et notamment sur les suspicions entourant le blanchiment des dons fait à l'église.

Bruno Picard se dote d'un poids lourd médiatique : Me Fabrice Di Vizio

Si, pour le moment, quatre personnes se sont constituées parties civiles, leur nombre pourrait croître à l'avenir. Plusieurs témoignages indiquent comment des anciens fidèles ont perdu un membre de leur famille, emporté dans la spirale "Extravagance". D'autres affirment avoir perdu des sommes colossales, données à l'Église.

Lire aussi : Sous contrôle judiciaire avec interdiction de prêcher, Bruno Picard célèbre un baptême

Bruno Picard, lui, est toujours sous le régime du contrôle judiciaire. En cette nouvelle année, il a fait appel aux services d'un avocat bien connu des plateaux télé : Maître Fabrice Di Vizio. Ancien chroniqueur de feu Touche Pas à Mon Poste, le pénaliste est connu pour sa prise de position concernant le vaccin contre la COVID-19. C'est notamment lui qui, pendant un moment, a défendu les intérêts du professeur Didier Raoult.

L'enquête sur les agissements de l'Église évangélique Extravagance se poursuit.

Etiquettes : Extravagance

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