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Acquitté de la tentative d’assassinat d’une de ses camarades de lycée, le procès d’assises en appel de Djayan renvoyé

Le 4 novembre 2022, la cour d'assises acquittait le jeune homme de 23 ans des faits criminels pour lesquels il était poursuivi. 20 ans de réclusion criminelle avaient été requis à son encontre. Le parquet général a fait appel. Ce mercredi et jusqu'à vendredi, Djayan Soubaya Camatchy devait être rejugé pour avoir tenté d'assassiner une camarade de sa classe de Terminale dans un hangar désaffecté de Ste-Marie. Le procès est renvoyé.

Ecrit par Isabelle Serre – le mercredi 14 février 2024 à 11H06
C'est dans ce hangar désaffecté que les faits se seraient déroulés à Ste-Marie (DR)

Ce mercredi et jusqu’à vendredi, le vingtenaire devait être rejugé devant la cour d’assises suite à l’appel interjeté par le parquet général. Ce mercredi, l’audience criminelle a été renvoyée au motif que le président de la cour d’assises avait déjà siégé dans une formation dans laquelle l’accusé avait été précédemment jugé. Le procès devrait se tenir avant fin juin prochain.

En novembre 2022, Djayan Soubaya Camatchy, était acquitté de la tentative d’assassinat d’une de ses camarades du lycée pour laquelle il était poursuivi devant la cour d’assises. Le jury populaire avait été convaincu par les arguments de la défense selon lesquels leur client avait menti pendant sa garde à vue, poussé par le gendarme enquêteur à avouer des faits qu’il n’avait pas eu l’intention de commettre. Le jeune homme s’en était sorti avec une condamnation à 7 ans de prison, le maximum de la peine encourue pour des violences avec arme et préméditation, des faits correctionnels.

Immédiatement, le parquet général qui avait requis 20 ans de réclusion avait fait appel  de la décision de la cour. Le Sainte-Marien, âgé aujourd’hui de 22 ans est rejugé ce mercredi et jusqu’à vendredi devant la cour d’assises.

En première instance, la victime encore très traumatisée n’avait pas souhaité assister au procès. Elle avait été entendue à huis clos en visioconférence. Seule sa mère avait témoigné à la barre, lançant à la défense qui assurait que leur client « n’avait pas voulu tuer » : « ce n’est pas vous qui lui tenez la main toutes les nuits alors qu’elle fait des cauchemars ». Juste avant cette déclaration les parents de la victime divorcés ont décrit un jeune homme bien sous tous rapports. Le père et la mère ont cependant affirmé ne jamais avoir entendu parler d’une agression sexuelle, commise par une cousine et dont leur fils se réclame, et qui l’aurait poussé à passer à l’acte.
Alors que le lycéen avait toujours reconnu les faits donnant moultes détails lors de sa garde à vue puis, au moment de sa mise en examen et des débats qui s’étaient tenus devant le juge des libertés et de la détention, lors de son premier procès, il est revenu sur ses déclarations indiquant « qu’il s’était senti obligé d’inventer ». Ses avocats avaient d’ailleurs tout fait pour prouver que le gendarme ayant procédé aux interrogatoires de garde à vue avait recueilli des aveux en posant des questions orientées.
L’expert psychologue avait décrit un adolescent déstabilisé par ses pulsions sexuelles ainsi qu’une une fragilité narcissique dans un contexte dépressif de repli sur soi. En mai 2019, le lycéen de Ste-Marie avait trahi la confiance d’une de ses camarades et l’avait entrainée dans un hangar désaffecté. Il lui avait porté une dizaine de coups avec le tube en métal d’un aspirateur qu’il avait déposé sur les lieux à l’avance.

Cependant, la jeune fille avait résisté et il n’était pas parvenu à l’assommer. Il lui avait alors frappé la tête à plusieurs reprises contre le mur et au sol afin « de l’affaiblir ». L’idée en effet n’était pas de la tuer tout de suite. Aucun intérêt de « violer un cadavre » avait-il déclaré à l’enquêteur en charge de son audition. L’objectif recherché était qu’elle perde des forces afin qu’il puisse abuser d’elle. Djayan, n’étant toujours pas parvenu à ses fins, avait piqué, à l’aide d’un couteau de cuisine, entre les deux yeux de sa victime afin qu’elle perde du sang et soit plus malléable. Mais c’est finalement lui qui s’était trouvé à bout de forces : « Je me suis surestimé et j’ai sous estimé sa détermination à vivre » avait-il expliqué.

Blessée et en sang, sa proie avait fait preuve de bon sens. Elle avait évoqué sa famille qui l’aimait et trouvé les mots pour que son agresseur revienne à la raison. Parce qu’elle était couverte de sang et ne pouvait pas sortir dans la rue dans cet état, Djayan avait proposé de rentrer chez lui afin de chercher de l’eau et du linge de rechange. Pendant son absence, l’adolescente avait évidemment pris la fuite et croisé la route d’un automobiliste qui l’avait prise en charge.
Incarcéré depuis sa mise en examen, Djayan Soubaya Camatchy a passé son baccalauréat et une licence de programmateur informatique depuis le centre pénitentiaire de Domenjod. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
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