Assises : "Je ne veux pas qu'elle soit face à son bourreau" clame la mère de la victime

Les deux premiers témoins sont les parents de l'accusé. Ils paraissent toujours stupéfaits de l'acte odieux commis par leur enfant, âgé de 18 ans et un mois au moment des faits. L'accusé avait évoqué lors de l'instruction avoir été victime d'une agression sexuelle à l'âge de 6 ans par une de ses cousines, mais la maman indique ne l'avoir appris qu'après les faits. Selon l'accusé, ce serait cet événement qui l'aurait poussé à passer à l'acte des années plus tard.
La mère insiste sur le divorce d'avec son ex-mari qui, selon elle, n'aurait pas été compris par son fils. Pour autant, il n'en a jamais parlé. En effet, Djayan S. avait décidé de rester vivre avec sa mère et avait, à l'âge de 12 ans, cessé de voir son père. "Je suis choquée pas les faits, ce n'est pas l'enfant que j'ai vu grandir" dit-elle à la barre en présentant un enfant gentil, aimant aider les autres et un étudiant qui avait décidé de s'isoler pour se concentrer sur ses études.
Le père de l'accusé confirme également à la barre qu'il ne connait véritablement son fils que depuis son incarcération en 2019 ou il a repris contact avec lui. "Je l'ai découvert depuis son incarcération. J'aurais peut être dû insister pour le voir après le divorce mais je ne voulais pas causer plus de problèmes. Il m'a expliqué qu'il n'était pas dans la réalité, il s'est excusé auprès de moi pour ce qu'il a fait", témoigne le père. Lui non plus n'a pas entendu parler de cette agression sexuelle à l'âge de 6 ans par la cousine de son fils. Il précise tout de même qu'après coup, aucune démarche n'a été entamée car la cousine accuse un retard mental.
La mère de la victime est ensuite appelée à la barre. Elle peine à parler en raison des pleurs que lui évoquent le souvenir douloureux du jour des faits. Elle a accompagné sa fille au rendez-vous pour voir avec qui elle allait. Elle devait ensuite la récupérer en fin d'après-midi. Elle se souvient que l'accusé l'avait fixée lorsqu'il l'avait vue et lui avait dit : "il m'a dit qu'il allait la faire travailler jusqu'à saturation et a mimé un geste de tapotement sur sa tête. je n'avais pas compris ce qu'il allait faire". Elle est formelle : "c'est toujours lui qui insiste pour la voir. Pourquoi il l'a choisie ? Je ne sais pas. C'est une enfant adorable, douce, elle est très sociable. Elle n'est pas capable de dire non facilement, elle n'aime pas contrarier les autres. Avant cela elle était tombée malade, elle était vulnérable".
Interrogée par la défense qui lui explique que c'est important qu'elle sache combien il regrette, la mère de la victime répond en pleurs : "pourquoi il a essayé de tuer mon enfant ? Elle n'a rien fait, elle n'a pas mérité ça".
"Vous avez le droit d'être en colère mais personnellement je ne pense pas qu'il a essayé de la tuer", répond la défense. Droit dans les yeux la mère répond : "vous ne vous rendez pas compte, c'est lui le responsable. Ce n'est pas vous qui lui tenez la main la nuit quand elle fait des cauchemars. Même sil elle va mieux et qu'elle se reconstruit, je ne veux pas qu'elle soit face à son bourreau."
Durant trois jours, l'enjeu de ce procès pour la défense sera de démontrer aux jurés qu'il s'agit de violences aggravées avec une ITT supérieure à 8 jours et non une tentative d'assassinat. Comment ce jeune majeur au-dessus de tout soupçon a t-il pu passer à l'acte ? Le profil psychiatrique de l'accusé pourrait être la clé pour comprendre ce jeune majeur qui risque la perpétuité. Le dénouement est attendu ce vendredi dans la soirée.


