Revenir à la rubrique : Société

Accidents de la vie courante : La mer et l'alcool, particularités de notre île

Dans le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire diffusé par l'InVS, les résultats de l’Enquête permanente sur les accidents de la vie courante (Epac) dans notre île, sur la période 2005-2009, a été publiée. Notre département se caractérise notamment par un taux important d'accidents de la vie courante sous l'emprise de l'alcool, ou liées aux activités en mer.
Ecrit par zinfos974 – le mardi 1 mars 2011 à 11H00


Le Centre hospitalier Gabriel Martin (CHGM), à La Réunion, participe depuis 2005 au recueil de l’Enquête permanente sur les accidents de la vie courante (Epac) mise en place par l'Institut National de Veille Sanitaire (InVS). Cette enquête repose sur l’enregistrement, aux urgences, d’informations sur les patients pris en charge à la suite d’un accident de la vie courante.

Le taux d'incidence est inférieur à celui de la métropole (4,3% contre 7,5%). Les Réunionnais consulteraient plus facilement leur médecin traitant que les urgences pour une lésion peu grave, et ceci expliquerait ce faible taux d’incidence constaté sur l’île.

Les traumatismes représentent près de 37.000 décès chaque année en France entière, dont 18.549 concernaient des accidents de la vie courante (AcVC) en 2006, soit 3,6% du total des décès. Les AcVC sont définis comme des traumatismes non intentionnels qui ne sont ni des accidents de la circulation, ni des accidents du travail.

La chute, souvent à l'origine de l'accident de la vie courante

Les "jeux et loisirs" (36%) sont les activités les plus pratiquées au moment où surviennent les AcVC. On retrouve aussi fréquemment d’autres activités dont la marche et les activités éducatives (28%) et la pratique sportive (16%). Parmi les accidents de sport, la majorité des AcVC survient lors de sports d’équipe (57%), en particulier le football (67% des sports d’équipe).

Le mécanisme le plus fréquent à l’origine d’un AcVC est la chute (61%). Viennent ensuite les coupures, écrasements et perforations (14%) et les coups (13%).

Les plaies constituent les principales lésions lors d’un AcVC (27%), suivies des fractures (18%). Parmi les "autres lésions", on trouve aussi les luxations et dislocations (11%), les brûlures (8%) et les empoisonnements et intoxications (7%).

 

Le contact avec les poissons et animaux marins

Sur la période d’étude, les chutes semblent globalement moins nombreuses sur l’Ile. En revanche, les personnes ayant chuté d’un arbre sont 2,4 fois plus nombreuses à consulter les urgences qu’en métropole (près de 300 chutes chaque année à La Réunion).

Le nombre d’accidents de vélo avec recours aux urgences est du même ordre : environ 2.000 chaque année. Les accidents nautiques sont largement plus fréquents sur l’île : le CHGM représentait 70% des accidents de surf du réseau Epac entre 2005 et 2009.

Certains accidents spécifiques par contact avec des poissons et animaux marins sont largement plus fréquents à La Réunion (1,2% vs. 0,02% des passages) et notamment chez les touristes. Les piqûres par poissons-pierre sont des accidents spécifiques de l’île : il n’y a pas d’accident de ce type en métropole alors qu’à La Réunion, 256 personnes en ont été victimes entre 2005 et 2009.

L'alcool mentionné dans 4,4% des accidents (contre 1,9% en métropole)

De plus, sur l’île, deux fois plus de personnes ont consulté pour piqûres d’oursins et le nombre de consultation aux urgences pour noyade apparaît trois fois plus élevé qu’en France métropolitaine.

L’alcool est mentionné dans 4,4% des accidents survenus entre 2005 et 2009, avec une part considérable des jeunes de 15 à 30 ans (16,5%), bien que les personnes de 30 à 50 restent les plus touchées (52,8%). En métropole, l’alcool est impliqué dans 1,9% des accidents.

Les hommes réunionnais accidentés semblent toujours largement plus nombreux que les femmes. La pratique masculine, plus fréquente, de certaines activités ou facteurs de risque d’AcVC pourrait expliquer ce résultat : les sports, notamment d’équipe (football), le bricolage et la consommation d’alcool.

Une population vieillissante, gare aux chutes...

Ces résultats confortent le besoin d’actions de prévention ciblées et spécifiques à La Réunion. Une sensibilisation des habitants sur les chutes d’arbres pourrait être développée, en particulier vis-à-vis de ceux qui pratiquent la cueillette des fruits.
La population âgée, encore peu nombreuse à La Réunion, va croître dans les années à venir ce qui justifie dès maintenant de développer, comme en métropole, la prévention vis-à-vis des chutes dont elles sont souvent victimes.

La baisse des AcVC sous l’emprise d’alcool (qui sont près de 1.500 par an) pourrait contribuer à la diminution du taux de morbidité à La Réunion, sachant que l’alcoolisme y est par ailleurs un problème de santé publique majeur.

Enfin, le renforcement de la surveillance des plages et une information sur les risques spécifiques encourus lors des baignades et activités en mer (piqûres, courants…) pourraient être utiles, tout autant pour les touristes que pour les habitants de l’île qui sont aussi touchés par les noyades.

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :