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"Il a courageusement fui" : le chauffard de Sainte-Suzanne condamné à 10 ans de prison

Ecrit par L.C. – le vendredi 20 juin 2025 à 11H19

Ce vendredi, au tribunal correctionnel, Luc Mariama a été jugé pour avoir fauché la vie d’un piéton le 11 août 2024. Au vu des circonstances de l’accident et du profil du chauffard, le tribunal l'a condamné à 10 ans de prison ferme.

Le 11 août dernier, aux alentours de 18 heures, un gramoune, Jean-Bernard, se fait percuter violemment par une 206 couleur or. La victime, venue assister en famille à un pique-nique d'anniversaire, décède. Cet accident mortel, en marge de la fête de la vanille, est aggravé par le fait que le conducteur ne s'est même pas arrêté pour s'inquiéter du sort du piéton.

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Ce chauffeur, Luc Mariama, a "courageusement fui", selon les mots prononcés par l'avocat de la famille de Jean-Bernard, maître Aurélien Rochambeau. Après l'accident, Luc Mariama échappera aux gendarmes pendant toute une journée. Pas bien difficile de l'identifier, quand la 206 est retrouvée dans la commune, accidentée, et qu'elle est au nom du prévenu.

Le jour de son interpellation, le 13 août, Luc Mariama a appelé les militaires pour leur indiquer qu'il allait se rendre le lendemain.

Alcoolisé ou non ?

Interpellé par les gendarmes, Luc Mariama explique dans un premier temps que la victime aurait "titubé" sur la chaussée, rendant le choc inévitable. Une version rapidement contredite par deux éléments : d'abord, les témoins oculaires, qui rapportent que le conducteur de la 206 roulait à toute berzingue et effectuait des zigzags et autres dépassements à toute vitesse.

L'autre élément est plus visuel : une caméra de vidéosurveillance filme l'accident, et révèle que les feux arrière de la 206 ne se sont même pas allumés lors de l'impact, ni même après. Ce qui veut dire que Luc Mariama n'a pas appuyé sur le frein.

Alors comment expliquer cette attitude ? Certains proches du prévenu détaillent la journée de l'accident. Selon deux de ses amis, Luc Mariama aurait consommé plusieurs bières — une dizaine au bas mot — tout au long de ce dimanche. Une version qui peut être corroborée, car les gendarmes ont retrouvé dans la 206 un verre à bière.

L'intéressé, lui, nie en bloc sa consommation d'alcool. À la barre du tribunal, il explique avoir bu quelques bières le matin du 11 août, entre 8 h 30 et 9 heures.

Si, dans la prévention, les deux circonstances aggravantes retenues sont le défaut de permis de conduire et la fuite, l'alcool n'est pas retenu. En effet, les gendarmes ne pouvaient pas effectuer de tests deux jours après le drame.

"J'étais partagé entre me rendre et… autre chose"

Entendu par le tribunal correctionnel de Champ Fleuri, Luc Mariama ne nie aucunement être responsable de cet accident. Très tôt, l'homme de 37 ans est plongé dans la délinquance. Son casier comporte 19 mentions, pour de multiples faits : vol aggravé, par effraction, avec violence, recel de vol… Un parcours qui lui fera écoper d'une peine de 13 ans de réclusion criminelle en 2013.

Concernant sa fuite, il a du mal à s'expliquer. Tantôt, il dit que son "cerveau a déconnecté", tantôt c’est la crainte de retourner en prison qui le fait hésiter. Lui-même assure avoir "fui comme un lâche" et, quand on l'interroge sur sa fuite, détaille : "J'étais partagé entre me rendre et… autre chose". L'autre chose fait référence à des pensées suicidaires.

Après une difficile prise de parole de l'une des filles de Jean-Bernard, la victime, le ministère public a donné ses réquisitions. Au vu de l'acte "injuste et brutal", du passé judiciaire de Luc Mariama, de son absence de permis de conduire, les réquisitions sont lourdes : 10 ans de prison.

Le couperet tombe, et le tribunal suit les réquisitions du ministère public : Luc Mariama est donc condamné.

Etiquettes : Sainte-Suzanne

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