Abuser, escroquer ses vieux parents invalides, mais ça devient un tic, ma parole !

On croyait qu'avec les rappels à la loi, puis les peines avec sursis, et enfin les peines fermes, certains perdraient cette sale habitude qu'ils ont de considérer leurs vieux parents comme des bas de laine à volonté. Tiens ! tu l'as vue, celle-là ?
Il était une tradition charmante, humaine, de chez nous : lorsque les vieux parents, harassés par une vie de labeur, transmettaient leur petit héritage à leurs enfants, petit lopin cultivable, modeste case èk son treille chouchoute/barbadine, les vieux restaient sur place. Ils participaient à l'éducation des mômes, n'étaient jamais avares de conseils et aidaient malgré leurs forces déclinantes. Ils étaient entourés d'affection, d'amour, on veillait à leurs moindres petits désirs.
Aujourd'hui, de jeunes adultes à la moralité/crapaud-d'-mer, quand ils recueillent leurs parents, c'est pour leur soutirer leurs modestes avoirs. (NDA : le crapaud-d'-mer y bouge pas. Lu attende, lu envale, lu engraisse). Ce matin encore...
Elle payait tout, y compris les bagnoles d'occase !
La vieille femme est impotente, handicapée autant mentale que physique. Pour comble de malheur, elle ne sait ni lire, ni écrire ; tout juste sait-elle signer ce qu'on lui met sous le nez.
Et pour ce qui est de solliciter sa signature, elle est tombée sur une tête cravatée, sa propre fille.
Dans une cité du Port, V... (" V" comme Vampiria, par exemple) a accueilli sa maman depuis bien longtemps. Normal : sa mère reçoit l'AAH (allocation adulte handicapé) et le RSA. Nous pensions que ce cumul était impossible ; ben paraît que non. La vieille maman est mal-voyante ? Mal-entendante ? Waouw ! Ayo cousin, ala jackpot là ! " V" n'est pas une égoïste, non, faudrait savoir l'esprit sacrément tordu pour penser ça. Frères et soeurs sont régulièrement conviés à profiter de l'argent de la vieille dame.
Fêtes arrosées fréquentes, bijoux, alcools (beaucoup d'alcool), vêtements, tout y passe.
Cela va même beaucoup plus loin. La vieille dame, sans le savoir, cela va de soi, casque la voiture d'occasion d'un fils, plus l'assurance et la carte grise idoines et adéquates. Dans la foulée, c'est sur ses allocations que sont régulièrement payées les factures d'eau et d'électricité, le loyer. Et tant qu'à faire la mutuelle du gendre, époux de V.
Le chèque en blanc, une douce habitude
Cette famille de besogneux, toutefois, sait additionner ; le compte de la vieille maman n'est jamais à découvert. Mieux, elle est arrivée, au fil des ans, à se constituer une petite épargne. Et voici quelque temps, un arriéré d'AAH lui a été restitué. Yep ! Le trésor de La Buse, les enfants.
C'est ce qui va mettre le feu aux poudres.
La vieille dame décide d'acheter un petit quelque chose mais on n'a jamais su de quoi il s'agissait. Elle demande à ses enfants de l'amener à la Poste (dans une voiture qu'elle a payé mais où elle n'est que très rarement conviée à monter !)
Elle signe le chèque en blanc et attend que sa fille aille retirer l'argent dont elle a besoin. La fille revient et remet à sa mère la petite somme que celle-ci voulait. Bien !
Jusqu'à ce qu'un frère de la triste V..., tombant par hasard sur les relevés postaux, s'aperçoive qu'il manque... 6.262 euros sur le compte. Mais qu'avait-il besoin de lire ces papiers, aussi ? Tout roulait si bien comme ça.
Mise au courant, la maman trouve assez de forces pour aller déposer plainte. L'enquête et la Poste confirment que l'argent est bien parti dans les poches de V.
"C'est elle qui a refusé le remboursement !"
Interrogée par le président Molié quant à ses explications, V... ne trouve rien de mieux qu'accuser sa vieille maman d'être alcoolique.
Un accord a semble-t-il été pris à la Maison de Justice et du Droit du Port : la fautive s'était engagée à rembourser par traites. Mais aucun début de l'ombre de la silhouette d'un semblant de remboursement n'apparaît nulle part. Explication de V : "Mes frères et ma mère ont refusé que je rembourse". Curieux autant qu'étrange. V est mère au foyer avec sept rejetons et ne travaille pas.
Elle fait la fête le samedi, s'achète des vêtements et "mi élève mon zenfant". C'est sans doute ce qu'on appelle l'éducation par l'exemple.
Le CV judiciaire de V. est éloquent : sept condamnations pour chèques falsifiés, vols, recels de vols, faux en écriture, conduite sans permis pétée comme une figue mûre (plusieurs mentions à ce seul chef). Là, au moment où on vous parle, elle est enchristée à Domenjod jusqu'en février 2020.
Le président lui annonce que le tribunal la gratifie de 6 mois supplémentaires. "Vous êtes d'accord ?" - "Oui !"
Elle est repartie menottes au poignets.


