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A Sainte-Rose, une « omerta familiale » de 20 ans autour de l'oncle pervers

Ecrit par S.G. – le dimanche 19 octobre 2025 à 06H52

Pendant près de 20 ans, il aurait commis des agressions sexuelles sur la plupart des petites filles de sa famille de Sainte-Rose, qui fermait les yeux. Vingt ans plus tard, le ministère public réclame sa condamnation à six ans de prison.

La liste des faits, leur étendue dans le temps et le nombre de victimes fait froid dans le dos. Entre 1985 et 2003, cet habitant de Sainte-Rose aujourd’hui âgé de 62 ans aurait commis des attouchements et agressions sexuelles sur une dizaine de petites filles de sa famille et de sa belle-famille.

Quand "Tonton" jouait "au docteur"

Agées entre trois et neuf ans au moment des faits, ces petites nièces, cousines, et même belle-sœur avaient subi les outrages de celui qu’elles appelaient « Tonton ». La plupart de ses victimes garderont le silence durant de nombreuses années, soit par déni, soit parce qu’elles ont été ignorées lorsqu’elles ont tenté d’en parler.

Il faudra attendre 2022 pour que l’une de ces proies faciles, devenue adulte et en dépression, se décide de révéler ce qu’elle a subi dans son enfance. Ou comment cet oncle pervers lui imposait de « jouer au docteur », puis achetait son silence « en offrant des bonbons. »

"Personne n'a rien dit"

 « Une révélation qui va libérer les autres », note l’avocate générale Emmanuelle Barre alors que le prévenu comparait devant la cour d’appel jeudi 16 octobre. Car cette première prise de parole va faire réaliser aux autres victimes qu’elles n’étaient pas les seules. Une deuxième parle, puis une troisième, puis dix, puis douze…

« Personne n’a rien dit à l'époque, comme souvent dans les familles. Tout le monde s’en doute, mais personne ne fait rien », regrette la magistrate. Comme ce père qui dit à sa fille : « la prochaine fois, tu lui diras qu’il n’a pas le droit. » Ou cette mère qui emmène sa fille chez le médecin pour constater l’agression mais refuse de porter plainte.

"L'ancienneté n'enlève pas la gravité"

Une « omerta familiale » qui va prospérer encore près de vingt ans après les faits. En octobre 2024, l’homme est finalement condamné pour des faits sur dix victimes, les faits étant prescrits pour l’une d’elles et une relaxe étant prononcée pour une autre. Mais la peine prononcée par le tribunal, quatre ans de prison dont trois avec sursis, ne satisfait pas le parquet qui fait appel.

« Compte tenu de la multiplicité des faits et de son impunité de vingt ans », le ministère public requiert six ans de prison ferme et cinq ans de suivi socio-judiciaire. « L’ancienneté des faits n’enlève pas leur gravité », souligne l’avocate générale.

A la barre, le prévenu se contente mollement d’évoquer « un complot » des filles de la famille. « Qu’on apprécie le personnage ou pas, il avait accepté le jugement sans faire appel d’une peine déjà significative, quand on sait qu’il n’avait plus commis de faits depuis vingt ans et qu’il n’a pas de casier judiciaire » plaide Me Samia Sadar, en demandant la confirmation de la première décision. Délibéré au 4 décembre.

Lire aussi : Détention confirmée pour le « prototype du pédophile »

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