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À peine sorti de prison, il replonge pour violences conjugales

Un jeune homme de 25 ans comparaissait pour des faits de violences sur sa compagne le 28 mai 2023 à Saint-Denis. Bien connu des services de justice, en plus d'être en récidive pour des faits identiques, il comparait alors qu'il est sous bracelet électronique depuis sa sortie de prison, il y a à peine un mois au moment des faits.
Ecrit par Régis Labrousse – le mercredi 7 juin 2023 à 09H47

C'est l'Arajufa (Association Réunionnaise pour l'Aide juridique aux familles) qui est à l'origine de la comparution de Rosman N. En effet, alors que sa compagne rencontre l'organisme pour une consultation, elle évoque des violences de la part de son conjoint. Ensuite, l'association fait une dénonciation au parquet qui décide de poursuivre le conjoint malveillant. Le jeune homme, qui est sorti de prison fin avril de cette année, est interrogé puis placé en garde à vue avant d'être déféré devant le tribunal. 

C'est une dispute qui a dégénéré en ralé-poussé. S'il a "juste" tiré violemment sa compagne par les bras, il ne peut canaliser sa violence. Lors d'une de ses phases agressives, il a défoncé une porte à coup de tête ou encore défoncé un mur à coup de poing et brisé un miroir. Ce qui pose d'autant plus problème, c'est que la fille de 6 ans de sa compagne est présente, dans sa chambre certes, mais elle entend les violentes disputes.

"C'était un accident, je l'ai frappé aussi"

Pour autant, sa compagne ne souhaite pas porter plainte ni se constituer partie civile à l'audience. "J'ai regretté tout de suite après. Je suis allée voir l'association pour demander de l'aide pour lui, pour gérer ses colères. J'ai regretté tout de suite après. Mon enfant n'a pas assisté à cela, elle était dans sa chambre. C'était un accident, je l'ai frappé aussi", déclare-t-elle au tribunal. 

Force est de constater que le casier judiciaire du prévenu, faisant état de 15 mentions, ne l'a pas aidé, d'autant qu'il en comporte 7 pour des violences. S'il reconnait le ralé-poussé, son positionnement laisse quelque peu pantois : "S'il n'y avait pas eu l'Arajufa, je ne serais pas là aujourd'hui. Je me suis excusé, c'est l'affaire du couple, c'est privé", lance le prévenu au président. 

"ll sort en avril et reproduit les mêmes actes"

"Vous banalisez les violences que vous prodiguez. Donner des coups n'est pas la norme dans notre société. Il sort en avril et reproduit les mêmes actes, il n'y a aucune évolution. Il y a un positionnement ambivalent de madame, mais vous représentez un danger pour notre société", tance le parquet qui requiert 2 ans de prison dont 6 mois de sursis probatoire ainsi que le maintien en détention. 

"L'enfant était présente mais absolument pas exposée", rétorque la défense. "Il n'y a aucun certificat médical, je vous demande d'écarter cette circonstance aggravante. C'est un couple qui réagit de la même manière, par la violence. Il y a des violences réciproques mais il ne dit rien car il considère que ça doit rester dans la sphère privée. ll a besoin d'aide pour gérer sa colère, il ne doit pas porter seul la situation de ce couple", plaide la robe noire. 

Le tribunal reconnait le prévenu coupable et suit intégralement les réquisitions du parquet. 

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