À Mayotte, appliquer le droit et bâtir la solidarité

C’est dans ce contexte qu’un maillon essentiel dans la chaîne de la protection de l'enfant est remis en cause en ses fondements. Nous apprenons, en effet, avec stupéfaction que les éIu.e.s du Conseil Départemental de Mayotte ont pris la décision, le jeudi 13 avril, de refuser I'accès de ses centres de Protection Maternelle et Infantile (PMI) aux migrants clandestins étrangers sans droit au séjour.
EIIe est l’interface des acteurs de la petite enfance et exerce une mission de planification familiale visant à développer l’éducation effective et sexueIIe, la maitrise de la fécondité, la prévention des maladies sexuellement transmissibles. Son mandat est crucial dans « l'île aux parfums ›, avec une maternité qui doit faire face à un fIux ininterrompu de femmes venant accoucher, et qui affronte jusqu'à 50 accouchements par jour.
Comme le soulignait Adrien TAQUET, les PMI sont nées de l'idée que ”du bien-être de l’enfant et de ses parents découlent une société apaisée, une société pacifiée, une société qui intègre chacun et qui enraye les inégalités de destin”.
Nous avons pleinement conscience du sentiment d'insécurité que vivent au quotidien les Mahorais.es, de Ieur pauvreté, du manque d’hôpitaux, d’écoles, d’eau potable, des ressources financières insuffisantes pour un territoire engagé dans la consolidation de la départementalisation
L’accès aux droits des personnes, notamment I'accès au séjour et I'accès à la santé, constitue pour la Fédération des Acteurs de la Solidarité (FAS) un levier majeur de Iutte contre la pauvreté.
Nous tenons à alerter sur les risques que cette opération fait peser sur des individus, des familles, des enfants. L’opération "Wuombushu" est à contre-courant du Pacte des solidarités.
Un accès effectif aux différents services publics, au droit au logement ou à l’hébergement inconditionnel est une nécessité absolue et doit être garanti pour tous.
La FAS Océan Indien est engagée auprès des personnes en situation de précarité et elle est convaincue que la Iutte contre la pauvreté dès la petite enfance est un des principaux leviers de Iutte contre la reproduction des inégalités.
Il est primordial dans un état de droit, que l’État fasse appliquer la Ioi, rien que la Ioi et toute la Ioi. Sans discrimination. Mais il faudra aller pIus Ioin.
La FAS Océan Indien tient à exprimer sa solidarité à la population Mahoraise et à toutes les personnes vivant sur ce territoire. Nous sortons d’une période de profonde connexion spirituelle. Aussi, ne laissons pas s'évaporer cette force qui nous exhorte à considérer chaque être dans son humanité profonde.
Avec l’aide de l’État il nous faut être rassemblé pour bâtir une société pIus solidaire, développer la capacité d’agir des personnes et renforcer le lien social.
La Fédération des acteurs de la solidarité propose d’y contribuer, d’y participer, par son engagement, en s'associant à toutes les forces vives de Mayotte, de La Réunion, des outre-mers, et de toute La France.


