Revenir à la rubrique : Société

À l’usine de Bois-Rouge, Emmanuel Macron à l’écoute d’un monde agricole réunionnais en détresse

Ecrit par S.I. – le mardi 22 avril 2025 à 12H10

Avant de visiter une exploitation sinistrée par le cyclone Garance, le président de la République a rencontré ce lundi 22 avril des représentants du monde agricole à l’usine de Bois-Rouge. Une rencontre empreinte de gravité, où les professionnels ont exprimé l’urgence d’un soutien fort et pérenne de l’État.

« Se projeter collectivement » pour l’agriculture réunionnaise

Face à des agriculteurs éprouvés par une succession de crises climatiques, économiques et géopolitiques, Emmanuel Macron a voulu marquer sa solidarité. « Je suis venu faire un tour sur toutes les filières agricoles et me projeter collectivement avec vous », a-t-il déclaré en ouverture. Le chef de l’État a salué « un modèle réunionnais spécifique » qui s’est diversifié avec une « souveraineté inédite dans les outre-mer », tout en reconnaissant que ce modèle reste fragile face aux aléas climatiques.

« Il faut continuer à créer de la valeur, à transformer, à passer de nouveaux caps dans la stratégie alimentaire. Par définition, les solutions ne tombent pas du ciel, mais on va les trouver », a assuré Emmanuel Macron.

Une succession de crises qui met à genoux les agriculteurs Olivier Fontaine, président de la Chambre d’agriculture de La Réunion, a pris la parole pour dresser un constat alarmant : « Cela fait deux mois que Garance nous a ravagés, après une sécheresse grave de sept mois et le cyclone Belal l’an dernier. On enchaîne les catastrophes. » Il a aussi évoqué les conséquences économiques de la crise en Ukraine et de la pandémie de Covid-19.

« Aujourd’hui, je dirais que notre agriculture est à terre. On a besoin d’un signal fort de l’État. Nos agriculteurs n’ont pas de revenus, certains se demandent s’ils pourront continuer leur métier. La passion ne nourrit pas, on a besoin de vivre de notre métier », a-t-il lancé au président de la République.

Une filière fruits et légumes en souffrance

Daniel Moreau a souligné la détresse de la filière fruits et légumes, qui représente 35% de la production agricole locale : « Garance a terriblement impacté nos exploitations. Les annonces de ce matin sont insuffisantes pour répondre aux besoins de relance. » Déplorant un soutien jugé trop faible, il a rappelé que la filière ne capte que 10 % du budget POSEI-CIOM.

« Cela fait des années qu’on demande des mesures d’accompagnement spécifiques, en vain. Il y a un gros enjeu de reconstruction, mais aussi d’accompagnement pérenne », a-t-il insisté.

Un appel à des engagements concrets Pierre-Emmanuel Thonon, secrétaire de l’ARIV, a lui aussi plaidé pour des mesures à la hauteur des défis : redonner des perspectives aux agriculteurs, restaurer la confiance, et construire un avenir résilient face aux dérèglements climatiques.

Etiquettes : Agriculture

Dans la même rubrique

0💬
Tri :