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À La Réunion, ces chefs créoles veulent remettre la marmite au centre de la table

Ecrit par Mélodie Huzio – le samedi 23 mai 2026 à 15H45
Photo d'illustration.

Ce week-end des samedi 23 et dimanche 24 mai, au domaine Moca, à Saint-Denis, plusieurs grands noms de la gastronomie de l’océan Indien se retrouvent pour le premier Sommet et Festival international des chefs créoles. Derrière les carrys, les épices et les show cooking, le sujet beaucoup plus profond de la transmission d’une mémoire culinaire que certains estiment aujourd’hui fragilisée.

La créolité sera à l’honneur tout le week-end au domaine Moca. Organisé par l’Institut international de la gastronomie créole, ce premier festival réunira plusieurs figures de la gastronomie de l’océan Indien et des Outre-mer.

Parmi les invités annoncés, le chef martiniquais trois étoiles Marcel Ravin, Lalaina Ravelomanana pour Madagascar, Nizam Peeroo, considéré comme l’un des pères de la gastronomie mauricienne, le chef étoilé d’origine mauricienne Franco Bowanee, ou encore Kevin Minatchy pour La Réunion, accompagnés de plus d’une quinzaine de chefs réunionnais.

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Au programme show cooking, marché local, dégustations, cuisine au feu de bois, dîner gastronomique, repas sur place et animations dans une ambiance résolument créole.

Mais derrière l’événement gourmand, les organisateurs défendent aussi une idée plus profonde. Celle de préserver et développer la culture gastronomique créole.

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Jean-Charles Bertrand, président de l’Institut international de la gastronomie créole, explique vouloir renforcer cette transmission, notamment dans les écoles. L’objectif est aussi de donner à la cuisine créole une reconnaissance internationale.

Garder son identité

Une vision partagée par Marcel Ravin, qui insiste sur l’importance de "garder son identité pour toucher le cœur des convives".

Car plusieurs chefs présents observent aujourd’hui une perte progressive des savoirs culinaires traditionnels, à La Réunion comme dans le reste de l’océan Indien. La transmission familiale se fait parfois moins naturellement et les habitudes de consommation évoluent vite.

"Faute de temps, il est beaucoup plus facile d’aller chercher un fast-food", résume un intervenant. Mais derrière cette facilité se pose aussi la question de la mémoire culinaire et des traditions locales.

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Le chef mauricien Nizam Peeroo évoque même une forme de "snobisme culinaire". "Il faut être fier de sa créolité et la mélanger avec d’autres cultures", affirme-t-il.

La base "à respecter"

Pour Jean-Charles Bertrand, la cuisine créole ne doit pas rester figée : "Il y a une base qu’il faut respecter, mais la recette peut évoluer".

Le sommet doit également permettre d’avancer sur un projet de formation spécialisée autour de la gastronomie créole, avec l’ambition de créer à terme un diplôme reconnu au niveau national.

Une manière de rappeler qu’on peut être une île de l’océan Indien… et viser malgré tout les sommets gastronomiques.

Etiquettes : Cuisine créole | Culture

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