À la Cirest, on fait ramasser leurs déchets aux "makots"

Grâce au signalement d’une “sentinelle”, la brigade environnement de la Cirest a mis la main sur un important dépôt sauvage de plus de 10 m³, bien caché autour d’un champ dans les Hauts de Saint-André. Après avoir remonté la trace du propriétaire, ce dernier a dû ramasser ses déchets. Ce qui ne l’empêchera pas d’être poursuivi par l’EPCI, celui-ci n’ayant pas suivi les règles.
L’opération visait à faire passer un message clair. C’est chose faite, même si le “makot” en question n’a pas respecté les termes de l’accord passé avec la brigade environnement de la Cirest
Pour Mickaël Boyer, le responsable de la brigade, la ligne est toujours assumée : il n’y a “plus de pitié pour les makots”. “Depuis 2019, on est sur une logique de tolérance zéro. Les personnes qui déposent leurs déchets dans la nature doivent les ramasser elles-mêmes, sous le contrôle de la brigade”, explique-t-il.
"Tolérance zéro"
Dans ce cas précis, une procédure amiable avait d’abord été proposée. Elle prévoyait le ramassage des déchets par le contrevenant, accompagné d’une amende. Mais l’intéressé n’a pas respecté les modalités fixées, intervenant sans encadrement, probablement hier soir. Résultat : “On va transmettre un rapport au parquet. Ce sera une procédure judiciaire”, précise Mickaël Boyer.
Les sanctions peuvent être lourdes : jusqu’à 1.500 euros d’amende, avec confiscation du véhicule utilisé. “Au final, ça coûte toujours plus cher que d’aller en déchetterie”, insiste-t-il. Dans ce cas, la facture aurait de quelques dizaines d'euros en déchetterie.

Un appel à devenir une "sentinelle" de l'environnement
Selon la brigade environnement, les dépôts sauvages sont en nette diminution sur le territoire de la Cirest. “On n’est plus du tout dans la situation d’avant, avec des dépôts partout. Aujourd’hui, il reste quelques points chauds”, souligne Mickaël Boyer. Une évolution attribuée en partie à la mobilisation des habitants.
Le dispositif des “sentinelles”, accessible via un numéro d’astreinte 24h/24*, permet de signaler rapidement les infractions. “Sans la population, on ne pourrait pas agir aussi efficacement”, reconnaît-il.
Reste que certains comportements persistent, notamment liés au non-respect des calendriers de collecte. Un enjeu aussi sanitaire : “Il y a une recrudescence de leptospirose. Il faut être vigilant sur la gestion des déchets.”

Des caméras mobiles en cours d'installation
Dans cette logique de fermeté, la Cirest prévoit d’aller plus loin. Plusieurs caméras mobiles doivent être installées sur Saint-André, sur le modèle de ce qui se fait déjà à Sainte-Suzanne. Un dispositif qui s’inscrit dans une stratégie plus globale de lutte contre les dépôts sauvages, avec pour objectif de renforcer la dissuasion et d’identifier les contrevenants pour mettre la main au portefeuille et... dans leurs déchets.
*Pour signaler un dépôt sauvage à la brigade : 02 62 94 70 01, le numéro est joignable 24h/24 et 7j/7 pour signaler toute infraction liée à l’environnement.


